Le sort de FTL (William Saurin) bientôt réglé

PARIS, 26 mai 2017 (AFP) – L’avenir des salariés de Financière Turenne Lafayette (FTL), maison-mère de William Saurin, commence à se dessiner: le tribunal de commerce de Paris examine lundi la reprise des activités charcuterie et pâtes fraîches tandis que les négociations avancent sur les plats cuisinés.

Le groupe revient de loin. Fin 2016, un audit mis en oeuvre peu après le décès de la dirigeante du groupe, Monique Piffaut, révèle un vaste trucage de ses comptes.

FTL, aux marques bien connues comme William Saurin, Garbit ou Paul Prédault, confronté à de graves difficultés financières, aurait alors pu frôler la disparition. Mais l’Etat s’est démené pour qu’il évite la liquidation judiciaire en déposant 70 millions d’euros dans un fonds spécifique dans le but de maintenir l’activité.

En janvier, la justice avait validé l’accord de financement entre le groupe agroalimentaire, ses banques et l’État, en vue de le sauver. Le nouveau patron du groupe, Eric Le Gouvello, cherchait depuis lors des repreneurs pour sauver les marques phares de ce géant de l’agro-alimentaire.

Le tribunal de commerce de Paris examinera lundi les offres d’une part de la coopérative bretonne Cooperl sur les activités de Charcuterie-salaisons, qui emploient environ 1.400 salariés, d’autre part celle de la société Pastacorp pour l’activité pâtes fraîches, où travaillent plus de 150 personnes.

L’offre de la Cooperl porte sur la reprise de la totalité des actifs des sociétés Paul Prédault, La Lampaulaise de Salaisons, Madrange, Montagne Noire et de « l’ensemble des salariés », selon FTL.

FTL indique avoir signé avec Cooperl, sous l’égide du tribunal de commerce, « un contrat de location gérance qui fait de Cooperl (…) le locataire et le gérant du fonds de commerce du pôle charcuterie-salaisons jusqu’au jugement d’homologation du plan de cession ».

Pastacorp, détentrice des marques Lustucru et Rivoire & Carret, a pour sa part déposé une offre ferme de reprise « des sociétés Tradition Traiteur et Pâtes fraîches Luison, des SCI (sociétés immobilières, ndlr) correspondantes et de l’ensemble de leurs salariés ».

– Patriotisme économique –

Des négociations continuent parallèlement au sujet du pôle plats cuisinés, qui comprend notamment William Saurin.

Quatre candidats sont en lice pour reprendre ces marques célèbres: l’offre commune du groupe D’aucy et du fonds LBO France; celle d’un autre fonds d’investissement, Sandton Capital Partners, allié à Marion & Partners; le cabinet de conseil en gestion de crise d’Arnaud Marion; l’offre commune de Cofigeo, maison-mère de Raynal & Roquelaure, et du groupe agricole coopératif Arterris. Enfin Rivière, entreprise basée à Castelnaudary, serait uniquement intéressée par les conserveries du Languedoc.

Les candidats ont été amenés à défendre leurs dossiers en début de semaine au Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) devant la direction de FTL ainsi que ses créanciers.

Deux offres tenaient la corde vendredi, celles de Cofigéo/Arterris et Sandton Capital/Marion & Partners, selon une source proche du dossier, pour laquelle les autres candidats semblaient d’ores et déjà hors-jeu.

Les discussions se sont poursuivies durant tout le jeudi de l’Ascension et semblaient bien parties pour durer tout le weekend, selon cette source, qui évoquait « les points juridiques (et) techniques liés aux modalités de la cession ».

Pour Mathieu Thomazeau, directeur général de Cofigeo, « pour redresser William Saurin, il ne peut y avoir qu’un projet concurrentiel et industriel ».

« J’espère que les décisions pencheront plutôt du côté des entreprises que des fonds », a pour sa part déclaré Jacques Logie, directeur général du groupe agricole coopératif Arterris, appelant au « patriotisme économique » car « ce n’est pas des fonds de pension américains qui feront notre bonheur ».

Pour remporter la mise, tous assurent que l’emploi ne sera pas menacé et que la pérennité des sites sera garantie avec leurs projets.

Ce sont en effet les principales préoccupations des salariés.

Le syndicat FGA-CFDT s’est ainsi déjà inquiété mercredi des conséquences sociales de la reprise du pôle Salaisons par la Cooperl.

« Le maintien de plusieurs sites, comme celui de Quimper par exemple, inquiète les salariés. Quel sera également l’avenir de l’activité Volailles, alors que la volaille n’est pas dans la stratégie de la Cooperl Arc Atlantique ? », s’interroge notamment le syndicat.

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