Le syndicaliste Laurent Berger plaide en faveur de l’Union des marchés de capitaux

PARIS, 28 novembre 2019 (AFP) – Le dirigeant syndical CFDT Laurent Berger, également président de la Confédération européenne des syndicats, s’est prononcé jeudi en faveur de la concrétisation de l’Union des marchés de capitaux pour faciliter l’investissement en Europe et le financement des entreprises.

Pour affronter la « véritable révolution de l’économie » actuellement à l’oeuvre, « en combinant efficacité économique et justice sociale », l’Europe « doit se donner les moyens de sa souveraineté financière » et « l’Union des marchés de capitaux peut y contribuer, mais évidemment sous certaines conditions », a déclaré M. Berger dans une vidéo diffusée lors d’une conférence sur l’Union des marchés des capitaux, organisée par la Fédération bancaire française.

Le responsable syndical explique se saisir du sujet, traditionnellement porté par le secteur financier, en raison du fait que la relance de l’investissement constitue l’une des priorités de la Confédération européenne des syndicats durant cette nouvelle mandature européenne.

L’Union des marchés de capitaux, serpent de mer depuis 2014, est un projet de marché unique européen des capitaux destiné à favoriser la circulation des capitaux entre les pays membres pour permettre notamment un financement plus large des entreprises.

Cependant sa concrétisation, maintes fois réclamée tant par les acteurs financiers qu’institutionnels, tarde à se réaliser. Mais à l’approche de l’entrée en fonction de la nouvelle commission européenne, la finance française a relancé son offensive depuis cet été pour remettre le sujet au coeur des discussions, avec l’appui de l’exécutif.

« Le relance de l’Union des marchés de capitaux doit se faire en étroite collaboration avec les partenaires sociaux européens afin de répondre à toutes les réalités » et « le soutien à l’investissement stable dans les entreprises doit être l’une des préoccupations premières », a pour sa part défendu Laurent Berger.

Plaidant pour une finance au service de l’économie réelle et de l’innovation, le secrétaire général du premier syndicat de France a appelé à « une régulation efficace alliant dynamisme des investissements et contrôle pour éviter les dérives spéculatives » soulignant que « la relance de la titrisation par les banques [devait] être envisagée dans un encadrement strict ».

Le syndicaliste a également jugé « nécessaire d’organiser une plus grande convergence des économies européennes, particulièrement une harmonisation de la fiscalité des entreprises au sein de la zone euro » pour éviter les « distorsions de concurrence » et lutter contre l’évasion fiscale.

Pour cela, « il faut des règles de prises de décisions plus efficaces, par exemple, lever l’unanimité en matière fiscale, mais il faut aussi des moyens financiers accrus : budgets, euro-obligations, marchés de capitaux » afin que l’Europe ait les moyens de « mener des politiques communes ambitieuses à la hauteur des défis qu’elle doit affronter », a t-il déclaré.

cgu/bow/bt/LyS