Le télétravail pourrait aider à réduire les émissions de gaz à effet de serre, selon l’Ademe

PARIS, 2 juillet 2020 (AFP) – Une large majorité d’actifs contraints de télétravailler pendant le confinement ont apprécié ce mode de fonctionnement, qui pourrait à l’avenir contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, indique un rapport de l’Ademe publié jeudi.

Selon une étude réalisée début mai par le cabinet 6t auprès de 3.990 personnes, 71% des personnes qui avaient déjà expérimenté le télétravail disent souhaiter le faire plus souvent, car elles peuvent mieux gérer leur stress (60%) et être plus concentrées. 76% de celles qui télétravaillaient pour la première fois voudraient poursuivre l’expérience.

Au total 41% des actifs ont dû adopter le télétravail pendant le confinement. C’était une première pour 24%, et 17% le pratiquaient déjà.

Cette option offre « un potentiel considérable » pour réduire la congestion des routes, les gaz à effet de serre (GES) et polluants, souligne l’Agence de la transition écologique.

En se basant sur un potentiel de 35% des actifs en télétravail ponctuel, les déplacements en France se trouveraient réduits de 2,4% (soit 3,3 millions de déplacements évités par semaine), a calculé l’Ademe.

Ce qui réduirait d’1,3% les émissions de GES générées par les seules voitures.

Selon ce rapport, le télétravail est aussi « un moyen efficace de relocaliser les activités du quotidien autour du domicile », et il modifie le rapport des Français à la cuisine (réorganisation des courses, moins de gaspillage alimentaire).

L’Ademe met cependant en garde contre des « effets rebond », car quelque 45% des Français se disent « prêts à choisir un lieu de résidence plus loin de leur emploi », et vice versa.

Selon la même enquête, les achats en ligne ont crû pendant le confinement – même s’ils représentent toujours moins de 10% du commerce de détail en France: 72,7% des Français y ont eu recours, et parmi les personnes qui n’utilisaient pas cette solution avant, 37% l’ont fait pour la première fois et 2 sur 3 affirment qu’ils continueront.

L’étude constate aussi le boom de la livraison de repas à domicile, source d’emballages et de plastique.

« L’apparente facilité qu’inspire l’e-commerce ne doit pas faire oublier l’impact du numérique, la logistique, les emballages, et la surconsommation » qu’il génère, alerte Pierre Galio, chef du service consommation de l’Ademe.

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