L’enseigne d’habillement La Halle envisage une procédure de sauvegarde

PARIS, 12 avril 2020 (AFP) – L’enseigne française de vêtements et chaussures La Halle (groupe Vivarte), en difficulté, doit discuter mercredi avec les organisations syndicales du déclenchement d’une procédure de sauvegarde, a-t-on appris dimanche auprès de la direction, confirmant une information de France Inter.

« Nous avons donné rendez-vous le 15 avril à nos partenaires sociaux pour faire un point sur la situation de La Halle. (…) Une procédure de sauvegarde permettrait de protéger les intérêts de La Halle, de ses salariés et de ses parties prenantes, pour ainsi appréhender dans un cadre juridique et sécurisé les difficultés auxquelles l’enseigne doit faire face », a déclaré la direction du groupe dans un communiqué transmis à l’AFP.

Cette procédure permet notamment à une entreprise d’étaler le règlement de certaines créances, et notamment de suspendre le paiement des loyers, le temps de se réorganiser.

L’enseigne, qui fait partie du groupe Vivarte, compte en France 860 magasins et emploie plus de 6.000 salariés. Elle était déjà en difficulté depuis des années. L’arrêt de l’activité provoqué par les mesures de confinement pour la lutte contre l’épidémie de Covid-19 l’a encore affaiblie.

« Dans un secteur de l’habillement et de la chaussure structurellement en baisse depuis des années, que les mouvements sociaux de ces derniers mois ont contribué à fragiliser encore davantage, la fermeture de l’ensemble de nos magasins en raison de l’épidémie de Covid-19 a brutalement arrêté l’activité de l’enseigne, la privant de tout chiffre d’affaires », a ajouté la direction, se disant « contrainte d’engager une nouvelle réflexion sur les moyens de restructurer rapidement son activité pour s’adapter à ce nouveau contexte ».

Karim Cheboub, coordinateur CGT du groupe Vivarte, a confirmé à l’AFP le rendez-vous des partenaires sociaux et de la direction mercredi, disant toutefois avoir été « surpris » du motif.

« La procédure de sauvegarde est réservée à des entreprises en difficulté. La Halle est entre les deux, à la limite de la ligne de flottaison », a-t-il déclaré, jugeant l’entreprise « très affaiblie après deux PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) en 2015 et 2017 ».

Pour le syndicaliste, les dirigeants veulent « limiter la casse » car « on ne sait pas quand le confinement va se terminer, ni quand la consommation va repartir ».

« Le groupe essaye de profiter de cette période de pandémie pour exercer une pression pour avoir de l’argent de l’Etat », a accusé de son côté Jean-Louis Alfred, coordinateur du groupe CFDT de Vivarte.

Pour lui, « on est dans la logique des fonds vautours qui ne veulent pas perdre en trésorerie ». « On sait bien qu’aucun euro n’ira dans la poche des salariés, dont la majorité sont des femmes, qui travaillent à temps partiel, et dont le chômage partiel n’est aujourd’hui pas compensé à 100% par l’entreprise », a-t-il affirmé à l’AFP.

Début février, La Halle avait présenté aux organisations syndicales un projet de réorganisation de ses activités prévoyant la suppression de 101 postes au siège et dans son entrepôt logistique d’Issoudun (Indre).

La chaîne avait déjà taillé à plusieurs reprises dans ses effectifs et son réseau: le dernier plan social, datant de 2017, prévoyait la suppression de 447 emplois et la fermeture de 141 magasins.

L’enseigne a vendu l’an dernier « près de 80 millions de pièces en France » pour un chiffre d’affaires de 847 millions d’euros.

aro-jlo/lum/it