Les bénéficiaires du RSA attendent en moyenne plus de 3 mois avant d’être accompagnés (étude)

PARIS, 2 octobre 2019 (AFP) – Les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) mettent en moyenne 95 jours avant d’être orientés vers un « parcours d’insertion », selon une étude publiée mercredi par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees)

Ensuite, il s’écoule encore en moyenne 58 jours avant la signature d’un « contrat d’engagement réciproque » entre l’allocataire et l’organisme qui le suit, précise le service statistique des ministères sociaux.

La quasi-totalité des allocataires du RSA et de leurs conjoints, soit 2,1 millions de personnes majeures, étaient fin 2018 « soumis aux droits et devoirs associés à cette prestation ».

Mais le droit à un accompagnement et l’obligation de recherche d’emploi restaient théoriques pour 17% des intéressés, qui n’avaient pas été « orientés » par leur conseil départemental.

Cette proportion dépend logiquement de « l’ancienneté dans le RSA » : elle atteint 54% des allocataires inscrits au RSA depuis moins de six mois, selon cette étude basée sur des chiffres de 2018 – et qui diffèrent très peu des chiffres de 2017.

Estimant qu’un tel résultat n’était « pas normal », la secrétaire d’État Christelle Dubos avait d’ailleurs plaidé en septembre pour que soit créé « un droit universel à l’accompagnement ».

De même, un quart des personnes inscrites au RSA depuis une durée comprise entre six mois et un an ne sont toujours pas accompagnées, et 11% de celles inscrites depuis plus d’un an, relève la Drees.

Lorsque le parcours d’insertion est enfin mis en place, il relève de Pôle Emploi dans 43% des cas, du conseil départemental ou territorial dans 31% des cas, et d’autres organismes comme des centres communaux d’action sociale ou des associations dans 21% des cas.

Le gouvernement a lancé début septembre une consultation pour créer en 2020 un « service public de l’insertion », guichet unique permettant de garantir le même accompagnement aux plus éloignés de l’emploi, notamment bénéficiaires du RSA, une promesse d’Emmanuel Macron pour lutter contre la pauvreté.

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