Les CDD très courts ont explosé en 15 ans

PARIS, 26 janvier 2017 (AFP) – Le nombre d’embauches en CDD de moins d’un mois a plus que doublé en quinze ans et ces contrats débouchent de moins en moins sur un CDI, selon deux études de l’Unédic et de France Stratégie consultées jeudi par l’AFP.

Selon l’étude de l’Unédic, de 2000 à 2016, les embauches en CDD d’un mois ou moins sont passées d’un peu plus de 1,5 million par trimestre à plus de 4 millions, tandis que celles de plus d’un mois n’ont pas bougé (environ un million). Ce document a été présenté aux partenaires sociaux mercredi lors d’une réunion de diagnostic du marché du travail, préalable à une éventuelle reprise des négociations sur l’assurance chômage.

Malgré cette tendance au raccourcissement des CDD, la part globale de ces contrats dans l’emploi reste stable sur cette période, à 9%, alors que les CDI représentent 76% de l’emploi total.

Arts et spectacles, édition et audiovisuel, activités pour la santé, hôtellerie-restauration, immobilier et enseignement privé notamment sont les secteurs qui ont eu, en 2012, le plus recours à des contrats de moins d’un mois, voire quelques jours.

L’étude de l’Unédic, qui gère l’assurance chômage, souligne aussi le « poids croissant » de la réembauche, 84% des CDD de moins d’un mois étant des réembauches par un ancien employeur, selon des données de 2012.

« Dans certains secteurs, certains employeurs s’entendent implicitement avec leurs salariés sur la possibilité d’embauches successives avec parfois des engagements d’exclusivité », observe l’Unédic, sans plus de précisions.

L’étude de France Stratégie, également présentée aux partenaires sociaux, relève que seul un CDD sur cinq (20%) se transforme en CDI, contre un sur quatre (24%) avant la crise de 2008.

« Ces études confirment que les contrats courts sont au coeur du problème », a estimé Eric Courpotin (CFTC) après la réunion.

Les négociations sur une nouvelle convention d’assurance chômage avaient échoué en juin 2016, après le refus du patronat de taxer les contrats courts. L’actuelle convention a été prolongée par l’Etat pour une durée indéterminée.

Syndicats et patronat ont repris langue en décembre pour faire un « diagnostic partagé » sur l’épineux dossier, en programmant une série de réunions jusqu’au 15 février, date à laquelle ils décideront de rouvrir ou non les négociations.

« Toutes ces études ne font pas avancer le +schmilblick+. On sent le même blocage qu’au printemps, les employeurs ne veulent pas discuter de leur choix dans le recours à la précarité car ils savent que ça aboutit forcément à la surcotisation des contrats courts », a commenté Denis Gravouil (CGT).

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