Les cheminots dans la rue pour défendre leurs conditions de travail

PARIS, 10 mai 2016 (AFP) – Les cheminots sont appelés mardi par tous les syndicats à battre le pavé pour défendre des conditions de travail « de haut niveau », le jour d’une nouvelle réunion de négociation sur des règles communes aux salariés de la SNCF et de ses concurrents.

La manifestation – sans grève cette fois -, à laquelle sont attendus des milliers d’agents, doit débuter à 11h30 à la gare Montparnasse à Paris. Le cortège doit se diriger vers le ministère des Transports, boulevard Saint-Germain, où seront reçus dans la soirée les syndicats.

Cette action fait suite à trois journées de grèves depuis début mars, dont deux unitaires (CGT, Unsa, SUD, CFDT, ainsi que FO, non représentatif), une première depuis 2013 à la SNCF.

« Il va y avoir du monde pour peser sur les négociations en cours et montrer la détermination des cheminots face à l’ensemble des entreprises ferroviaires », a affirmé à l’AFP Roger Dillenseger, représentant de l’Unsa.

Les négociations au niveau de la branche, ouvertes fin 2013 pour harmoniser les règles de travail dans le secteur (fret/voyageurs, SNCF/privé) en vue de l’ouverture totale à la concurrence, sont entrées dans leur phase finale. Elles doivent aboutir avant juillet.

Elles ont été engagées sur la base d’un projet de décret du gouvernement, compromis entre les règles en vigueur dans le fret privé et celles de la SNCF, globalement plus protectrices pour les salariés.

L’Union des transports publics et ferroviaires (UTP, qui regroupe la SNCF et ses concurrents privés) doit présenter mardi aux syndicats de nouvelles propositions pour encadrer le temps de travail (durée, amplitude, repos, nuit…).

Son premier projet avait été rejeté en avril par l’ensemble des syndicats, y compris les plus réformistes (Unsa, CFDT), qui ont depuis avancé des revendications communes pour garantir un cadre social de « haut niveau ».

L’UTP a promis « des évolutions » mais met en garde contre tout « surcoût » et « contrainte de compétitivité » dans un secteur qui subit déjà la forte « concurrence de la route et du low-cost aérien ».

– la CGT déterminante –

« On est à un moment clef de la négociation », relève M. Dillenseger. Jusqu’à présent, les entreprises ferroviaires « jouent la montre », sont dans une « stratégie du pourrissement » pour Eric Meyer (SUD-rail).

Les discussions menées parallèlement au sein de la SNCF pour renégocier l’accord en vigueur sur le temps de travail reprendront mercredi pour trois jours.

Le groupe public propose d’assouplir l’organisation du travail sans augmenter la durée annuelle de travail, en élevant notamment l’amplitude journalière de travail moyennant des repos compensateurs supplémentaires.

L’issue des négociations, au niveau de la branche comme de l’entreprise, dépendra largement de l’attitude de la CGT-cheminots, premier syndicat à la SNCF. Enclin à discuter, le syndicat a été ces dernières semaines débordé parfois par une partie de sa base, très remontée.

Parmi les autres mots d’ordre de la manifestation: la dénonciation des « plans sociaux à répétition » à la SNCF, qui supprimera 1.400 postes en 2016 via des départs à la retraite non remplacés, après plus de 25.000 depuis 2003, et de la sous-traitance croissante.

Plusieurs syndicats ont également appelé les agents retraités à manifester massivement pour « défendre et améliorer » leur régime spécial de protection sociale.

Pour la CGT et SUD, ce sera également l’occasion de dénoncer une nouvelle fois la réforme ferroviaire, qui réunit depuis le 1er janvier la SNCF et RFF (Réseau ferré de France) dans un même groupe, sans avoir réglé la question de la dette, colossale, de l’entretien du réseau.

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