Les chirurgiens-dentistes en grève contre une réforme de leurs tarifs

PARIS, 3 mars 2017 (AFP) – Les chirurgiens-dentistes étaient appelés à fermer leur cabinet vendredi et à se rassembler à Paris aux côtés des internes et étudiants pour protester contre une réforme de leurs tarifs, un mois après l’échec de leurs négociations avec la Sécu.

« Toute la filière dentaire dit +stop+ à Marisol Touraine », clament dans un communiqué les trois syndicats de dentistes (FSDL, CNSD, et Union dentaire), d’étudiants (UNECD) et d’internes en dentaire (SNIO) auteurs de l’appel à la grève.

La profession est invitée à venir porter ce message lors d’un rassemblement national organisé place Vauban, non loin du ministère de la Santé dans le 7e arrondissement, où sont espérés quelque « 10.000 » manifestants, selon la présidente de la CNSD, Catherine Mojaïsky.

La moitié des cabinets seront fermés, estime-t-elle.

Objectif ? « Etre reçus par la ministre en personne » et « empêcher la mise en place du règlement arbitral » attendu depuis l’échec, le 26 janvier, des négociations tarifaires entre les trois syndicats professionnels et l’Assurance maladie, explique Mme Mojaïsky.

Pendant quatre mois, les négociateurs ont planché sur un avenant à la convention des 37.000 dentistes libéraux censé revaloriser un certain nombre d’actes de base (détartrage, caries), en contrepartie d’un plafonnement des actes liés aux prothèses (couronnes..), plus rémunérateurs pour les professionnels. Un moyen, selon le gouvernement, de diminuer le renoncement aux soins pour raisons financières.

L’Assurance maladie a mis sur la table des revalorisations de 806 millions d’euros sur quatre ans, « un effort sans précédent », selon elle. Mais « insuffisant » pour les professionnels: au regard des plafonnements proposés pour les prothèses, le gain net s’élèverait au bout du compte à 341 millions d’euros.

« A peu près 30% » des dentistes seraient « perdants », selon Mme Mojaïsky.

Le président de chambre honoraire à la Cour des comptes, Bertrand Fragonard, désigné comme arbitre, est désormais chargé de remettre ses propositions à la ministre « le 7 mars ».

Ce règlement arbitral, potentiellement moins avantageux, est très mal perçu par la profession, la ministre ayant ajouté cette option dans le dernier budget de la Sécu.

« C’est une sorte de 49-3 déguisé », estime Corentin Schneider, 23 ans et membre de l’UNECD. Il regrette que la « ministre ne se manifeste pas malgré (les) sept semaines de grève hospitalière » des étudiants, qui multiplient les actions coup de poing.

Entre 3.000 et 5.000 dentistes avaient déjà manifesté à Paris fin janvier, selon des sources policières et syndicales.