Les cliniques privées veulent « récompenser » ou fermer les hôpitaux en fonction de leur qualité

PARIS, 17 mai 2018 (AFP) – Un « bonus » pour les bons élèves et le couperet pour les cancres: la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) a présenté jeudi ses propositions pour la réforme « globale » du système de santé annoncée par le gouvernement.

Parmi la centaine d’idées avancées, la FHP veut notamment « augmenter la part du paiement à la qualité dans le budget des établissements de santé ».

Une intention partagée par l’exécutif, qui veut réduire la tarification à l’activité (T2A) des hôpitaux et faire la chasse aux actes médicaux « inutiles ».

« On souhaite que ce soit un bonus pour récompenser les meilleurs d’entre nous », a déclaré Lamine Gharbi, président de la fédération des cliniques privées, lors d’une conférence de presse.

Dans ce secteur, les dotations liées à la qualité ne représentent aujourd’hui que 0,4% des recettes, soit environ 60 millions d’euros, et « on voudrait qu’elle soit montée à 4% », a-t-il précisé.

Pour dégager ces moyens supplémentaires, la FHP demande que les dépenses hospitalières ne servent plus de variable d’ajustement aux « mauvaises performances de la médecine de ville », en séparant les deux enveloppes budgétaires.

« Il faut que chacun récolte les fruits de ses efforts », a estimé M. Gharbi, rappelant que les hôpitaux et cliniques sont régulièrement en « sous-exécution » par rapport aux prévisions.

Pour les mauvais élèves, en revanche, « en dessous d’un certain seuil de qualité, l’activité doit être arrêtée », selon la FHP, qui suggère de « suspendre l’autorisation d’exercer » des établissements non certifiés par la Haute autorité de santé (HAS).

« Il y en à 5 ou 6 par an », a tempéré M. Gharbi, espérant surtout « que ceux qui sont à la limite sentent le vent du boulet approcher », y compris dans les rangs des cliniques privées. « Ceux de ma fédération, je les mets dans le même sac », a-t-il affirmé.

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