Les collaborateurs de députés s’émeuvent d’une décision affectant leurs rémunérations

PARIS, 29 novembre 2018 (AFP) – Plusieurs syndicats de collaborateurs parlementaires se sont émus jeudi d’une décision « unilatérale » de l’Assemblée permettant de rémunérer les stagiaires avec l’enveloppe qui leur était dédiée, l’Unsa USCP estimant notamment que cela va conduire à « fragiliser » les collaborateurs.

Lors d’une réunion la semaine dernière, les trois questeurs, qui tiennent les cordons de la bourse de l’Assemblée, ont autorisé l’intégration des stagiaires, apprentis et salariés en contrat de professionnalisation « à la gestion du crédit collaborateur », selon le relevé de décisions de la questure, publié par l’Assemblée.

Selon le syndicat Unsa USCP, cette décision va « permettre le paiement des stagiaires et apprentis au moyen de l’enveloppe destinée aux rémunérations des collaborateurs parlementaires ». Dans un communiqué, le syndicat a dénoncé une décision prise « en catimini », qui « fragilise la situation des collaborateurs parlementaires ».

Ceux-ci sont environ 2.000, et chaque député est employeur. En janvier, le bureau de l’Assemblée a décidé de revaloriser de 10% l’enveloppe pour la rémunération des collaborateurs. Le montant mensuel du crédit par député, calculé pour 5 collaborateurs en principe, parfois à temps partiel, a été porté à près de 10.600 euros.

L’Unsa USCP déplore une décision prise « sans aucune concertation préalable » alors que les syndicats « sont conviés, dès le 12 décembre, à engager des négociations quant à leur rémunération ».

Le syndicat estime que cette décision a « sans doute pour objet de préserver » l’enveloppe d’avance de frais de mandat des députés (5.373 euros), sur laquelle les stagiaires étaient jusqu’à présent rémunérés.

Dans un communiqué, la CTFC Parlement s’est aussi émue d’une décision « sans information préalable » des syndicats. L’organisation souligne que « la hausse du crédit collaborateurs ne s’est pas traduite par une augmentation des salaires ni par le paiement des milliers d’heures supplémentaires » des collaborateurs et « alerte » donc le collège des questeurs, « autant sur la forme que sur le fond ».

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