Les crèches à vocation d’insertion professionnelle appelées à se multiplier

 PARIS, 31 octobre 2018 – Annoncées le 13 septembre par le président de la République, 300 crèches à vocation d’insertion professionnelle (Avip) devraient ouvrir à l’horizon 2020.

Elles étaient 43 en janvier dernier. D’ici à 2020, les crèches Avip devraient passer au nombre de 300. C’est en tout cas l’objectif fixé dans la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, au chapitre de la prévention. Le dispositif n’est pas nouveau : lancées en 2003 par une association, l’Institut d’éducation et de pratiques citoyennes, ces crèches ont pour mission de favoriser l’accès à l’emploi des parents, grâce à la conjugaison d’un accueil en crèche pour les enfants et d’un accompagnement personnalisé à la recherche d’emploi par une structure d’insertion pour les parents.

Démarrage lent

Leur déploiement figurait déjà dans la convention d’objectifs et de gestion (COG) 2013-2017 de la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf). « Le démarrage a été lent, principalement faute d’outils financiers », reconnaît Pauline Domingo, directrice du département enfance, jeunesse et parentalité, à la Cnaf. Un frein que lève la nouvelle COG, à travers la création d’un bonus «mixité sociale » forfaitaire (jusqu’à 2 100 € par place), et la mobilisation possible du Fonds Publics et Territoires. Les CAF ont d’ores et déjà identifié 300 porteurs possibles. Le déploiement s’accompagnera de la réalisation d’une évaluation, aujourd’hui inexistante. « Le dispositif doit demeurer souple, qu’il s’agisse de la proportion de familles concernées à l’intérieur d’une structure, des critères de sortie positive, de la durée du contrat liant les familles. Mais il faut pouvoir évaluer son impact, notamment sur la reprise d’emploi », précise Dominique Ducroc-Accaoui, conseillère technique à la Cnaf. Pour Pauline Domingo, l’intérêt des crèches Avip ne fait aucun doute. Mais leur fonctionnement « s’intègre dans un ensemble plus large visant une meilleure inclusion des familles les plus pauvres en établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE) ». Seuls 16 % des enfants des ménages du premier quintile de niveau de vie sont accueillis au moins une fois par semaine en EAJE.