Les défaillances d’entreprises en France en hausse au 4e trimestre (études)

PARIS, 23 janvier 2019 (AFP) – Les défaillances d’entreprises ont augmenté en France au quatrième trimestre 2018, selon des études publiées simultanément mercredi par Euler Hermes et la Coface, pour qui l’effet du mouvement des « gilets jaunes » est néanmoins resté « limité » à ce stade.

Selon l’assureur-crédit Euler Hermes, les défaillances ont augmenté de 3,4% entre octobre et décembre, après avoir déjà progressé de 6,4% au deuxième trimestre, en raison notamment du ralentissement de la croissance, attendue à 1,5% en 2018, contre 2,3% en 2017.

« Avec des débouchés moindres et des marges stagnantes, la trésorerie des entreprises françaises est mise sous pression », analyse Stéphane Colliac, économiste chez Euler Hermes, cité dans un communiqué.

Sur l’ensemble de l’année 2018, les défaillances d’entreprises ont certes reculé (-1,2%), mais à un rythme moindre qu’en 2016 et 2017 (-7%). En outre, elles ont fortement progressé (+19%) pour les sociétés dont le chiffre d’affaires est supérieur à 15 millions d’euros.

D’après la Coface, 52.665 entreprises françaises au total ont fait faillite l’an dernier. Mais « si le premier semestre a vu les défaillances diminuer (-7,2%), le second a enregistré une progression (+2,3%) », a souligné l’assureur-crédit.

Au second semestre, tous les secteurs « traditionnellement pourvoyeurs de défaillances » ont connu une hausse, ajoute la Coface: la construction (+1,5%), les services aux particuliers (+4%) et l’automobile (+7,5%).

A fin décembre, les conséquences du mouvement des « gilets jaunes » étaient toutefois « peu visibles » sur les défaillances d’entreprises. « Le mois de décembre a même connu une baisse des défaillances », de l’ordre de 3,6% par rapport à décembre 2017, assure l’assureur-crédit.

Pour la Coface comme pour Euler Hermes, le rebond des défaillances observé depuis mi-2018 devrait se prolonger cette année, la conjoncture française étant « pénalisée par un environnement international dégradé ».

D’après la Coface, la hausse devrait atteindre 1% sur l’ensemble de 2019. Selon Euler Hermes, elle pourrait être de 2%, en raison notamment de l’endettement des entreprises, qui devrait atteindre fin 2019 un nouveau record, à 76% du PIB contre 74% en 2018.

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