Les douaniers manifestent à Lille pour la « reprise des négociations »

LILLE, 25 avril 2019 (AFP) – Plus de 200 douaniers « en colère », engagés depuis début mars dans un conflit avec Bercy pour obtenir des effectifs et moyens supplémentaires, ont manifesté jeudi à Lille pour réclamer une « reprise des négociations », a constaté une journaliste de l’AFP.

« Cela fait trois semaines que nous n’avons plus aucun contact, ni avec le directeur général des douanes, ni avec notre ministre de tutelle ! Le gouvernement laisse le conflit s’enliser. Nous demandons simplement la reprise des négociations ! », a lancé Philippe Bollengier, secrétaire régional CGT Douanes.

Huant et sifflant, équipés de klaxons, pétards et fumigènes, les agents des douanes se sont rassemblés dès 10h30 devant le siège de leur direction régionale à Lille. « On en a gros ! », « Douaniers en colère ! », disaient les pancartes disséminées parmi les drapeaux CGT, CFDT et Unsa. Quelques mètres au-dessus, un mannequin de chiffon, vêtu d’un uniforme, était pendu à un poteau pour symboliser la « mort du métier ».

En milieu de matinée, les manifestants ont échangé quelques mots avec leur directeur régional Simon Décressac, sorti les rencontrer, huant souvent ses réponses.

Depuis le 4 mars, les douaniers sont engagés dans une « grève du zèle », synonyme de contrôles aux frontières plus poussés et plus longs, créant régulièrement de longues files de camions et embouteillages. Ils réclament une revalorisation des heures de nuit et de la prime de risque, une amélioration de leurs conditions de travail et des moyens supplémentaires, en vue notamment du Brexit.

Entamée aux abords du tunnel sous la Manche et des ports de Calais et Dunkerque, la mobilisation s’est rapidement étendue au niveau national, entraînant notamment des retards sur les TGV Eurostar à destination de Londres.

Lors d’une réunion le 12 mars, Gérald Darmanin avait débloqué une enveloppe de 14 millions d’euros, rejetée par l’intersyndicale. « Nous avons fait une contre-proposition à hauteur de 25 millions, mais aujourd’hui la porte du ministère est close », a déploré M. Bollengier.

« Le Brexit a été le catalyseur d’un malaise très profond: entre 2007 et 2015, nous avons perdu 30% de nos effectifs alors que nos missions n’ont pas baissé, quelle entreprise pourrait supporter ça ? », a aussi plaidé David-Olivier Caron, secrétaire général de la CFDT-Douanes.

« Les douanes, c’est une administration du XXIe siècle avec du matériel moyen-âgeux (…) un métier qui s’est transformé, a été intégré à la lutte antiterroriste. Aujourd’hui, on porte une arme longue, 18 kg de matériel sur le dos », a-t-il ajouté, appelant à « reconnaître la pénibilité et la dangerosité » du métier.

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