Les économies de l’assurance-maladie sur le dos des médicaments sont « irréalistes » selon le Leem

PARIS, 4 octobre 2016 (AFP) – La fédération française de l’industrie pharmaceutique, le Leem, a dénoncé mardi des mesures d’économies « irréalistes » sur les médicaments dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2017, au regard d’innovations thérapeutiques « sans précédent » à venir.

« Pour la troisième année consécutive, les économies demandées au médicament atteignent près de la moitié des économies dans le champ de l’Ondam (objectif national des dépenses de l’assurance maladie) », soit 1,7 milliard d’euros, s’insurge le Leem dans un communiqué.

Ce chiffre se base sur les baisses de prix prévues sur les médicaments et les génériques, les remises des fabricants, la maîtrise des volumes et des prescriptions médicales et la radiation de certains produits innovants d’un dispositif de financement hors budget hospitalier (liste en sus).

Le président du Leem, Patrick Errard, a dénoncé lors d’une conférence de presse à Paris « une récession programmée » de l’industrie pharmaceutique en France, en raison d’une « mécanique du rabot » appliquée sur les prix des médicaments.

« L’innovation (thérapeutique) il faut l’envisager autrement que par le prisme du coût, mais comme un bénéfice pour la société », a-t-il plaidé.

Le nouveau PLFSS, qui doit être présenté mercredi en conseil des ministres, prévoit toutefois la création d’un fonds de financement de l’innovation pharmaceutique, pour lisser dans le temps les fluctuations annuelles des coûts liés aux médicaments innovants.

Ce fonds « est un début de réponse » selon le Leem, qui réclame cependant des modalités de financement supplémentaires pour adapter le système de santé aux progrès scientifiques.

Les plans d’économies successifs sur les médicaments ont également de lourdes conséquences sur l’industrie pharmaceutique en France en termes d’attractivité et d’emploi, a répété mardi le Leem.

Les ventes de médicaments ont stagné en France en 2015, à quelque 27,8 milliards d’euros, à l’inverse des autres grands marchés européens, tandis que les investissements industriels dans le secteur ont reculé de 4,5% entre 2010 et 2013 dans le pays, a rappelé la fédération.