Les entreprises de l’eau demandent des masques pour les salariés

PARIS, 18 mars 2020 (AFP) – Les entreprises de l’eau demandent à avoir accès à des masques, en particulier pour leurs agents en stations d’épuration, en cette période de crise de Covid-19, indique mercredi leur fédération professionnelle.

« Notre priorité est d’assurer la continuité du service public de l’eau potable, et nous n’avons pas d’inquiétude sur la qualité de l’eau potable », ni au niveau de l’usine ni chez le consommateur final, souligne Tristan Mathieu, délégué général de la FP2E.

Mais une autre priorité est « la sécurité des salariés sur les stations d’épuration, pour lesquels nous demandons (à l’Etat, ndlr) d’être attributaires de masques, nous demandons à être intégrés dans les flux de destinataires des masques, pour nos salariés », a expliqué le responsable.

Du côté de Veolia, géant du traitement de l’eau et des déchets, on souligne que « toutes les commandes de masques, dont nos salariés ont besoin pour assurer les services essentiels des Français et respecter les mesures de prévention des risques, ont été réquisitionnées ».

« Le décret du 13 mars indique que les professionnels de santé et les patients sont prioritaires pour la distribution des masques. Or nous devrions, en tant que professions OIV (organisation d’importance vitale), bénéficier d’équipements afin d’assurer la continuité de nos services et la protection de nos salariés », souligne Fréderic Goetz, Directeur Santé-Sécurité de Veolia.

« Sans la prise en compte de cette réalité, les salariés pourraient être amenés à faire valoir leur droit de retrait. De fait, nous ne parviendrions pas à l’ensemble de nos missions », dans l’eau comme dans les déchets, prévient-il.

Selon lui, à ce stade, « la mobilisation » des personnels de Veolia « est exemplaire », avec un absentéisme « relativement faible », qui quand il a lieu est « essentiellement dû au droit de retrait exercé par certains salariés en raison de la pénurie de masques ».

Suez, autre géant du secteur, indique pour sa part assurer à ce stade « les missions opérationnelles essentielles ». Et ce, « même si nos effectifs sont inférieurs à 40% », avec le report d’activités non critiques (certaines maintenances) et la dématérialisation d’autres opérations, indique le groupe.

Paprec group, numéro 3 français du traitement des déchets, dit ne pas constater d’absentéisme, « bien au contraire ». « Nous nous organisons sur chaque site pour leur permettre de travailler en sécurité », assure-t-on.

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