Les entreprises du bâtiment espèrent une « réelle amélioration » de l’activité fin 2016

PARIS, 28 juin 2016 (AFP) – Les entreprises du bâtiment espèrent une « réelle amélioration » de leur activité « au tournant 2016-2017 », a estimé mardi la Fédération française du bâtiment (FFB), qui table sur un « maintien de l’emploi » cette année.

Au premier trimestre, l’effectif salarié s’inscrit en recul de 1,5%, soit 15.500 emplois de moins, mais celui de l’intérim en équivalent temps plein (ETP) affiche une progression de 7,2% soit 5.000 postes. Le solde est donc encore négatif de 0,9% soit 10.500 postes.

« Nous devrions enfin arrêter de perdre des emplois cette année », a estimé Jacques Chanut le président de la FFB lors d’une conférence de presse, mais selon lui « un temps de réadaptation » sera nécessaire aux entreprises, avant d’embaucher.

« Après avoir perdu 21% de notre activité depuis le début de la crise, et 11% de nos effectifs, nous sommes encore en sureffectifs », a-t-il jugé.

En dépit d’une « belle résistance » – attestée par un net recul des défaillances en début d’année -, les entreprises du secteur ont des marges en érosion et des trésoreries « toujours à la peine », dit la fédération patronale.

En outre la reprise ne bénéficie pas à toutes les zones géographiques, puisque « les difficultés perdurent dans les secteurs souvent ruraux, ou peu denses ».

Dans ces zones, l’amélioration-entretien demeure atone, et le recul des marchés publics se conjugue à l’absence de reprise dans le neuf.

« Cette fracture territoriale des marchés du bâtiment, malgré les besoins, va, selon toute vraisemblance, se poursuivre », juge la FFB.

Toutefois, « de nombreux facteurs laissent espérer une réelle amélioration de la situation au tournant 2016-2017 » : le retour de la confiance, des conditions de crédit « exceptionnelles » et une reprise du marché de l’immobilier ancien.

Pour les entreprises du bâtiment, « reste cependant à s’assurer que toute la filière – banques, assureurs-crédits, fournisseurs et entreprises – accepte de prendre un peu plus de risques », dit la fédération patronale.

La FFB espère aussi que « les conséquences du Brexit n’iront pas au-delà d’une instabilité déjà pénalisante pour la croissance, y compris en France ».

Mais elle estime que le renforcement de la croissance observé en France et à l’échelle de l’Europe, ne sera pas remis en cause, même si son intensité pourrait « pâtir un peu de la volatilité générale ».

En 2015, les entreprises du bâtiment ont perdu 36.100 emplois, avec une activité en recul de 3%.

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