Les ex-GM&S manifestent contre le licenciement de leurs représentants syndicaux

LIMOGES, 12 avril 2018 (AFP) – Plus d’une centaine d’anciens salariés de l’équipementier automobile GM&S et d’actuels ouvriers du repreneur de l’usine ont manifesté jeudi devant l’inspection du travail de Limoges pour s’opposer au licenciement de responsables syndicaux, fers de lance du mouvement social du site de La Souterraine (Creuse).

Epilogue d’un des dossiers sociaux les plus mouvementés du début de la présidence d’Emmanuel Macron, la justice a validé en septembre dernier la reprise de GM&S par l’emboutisseur français GMD et son PDG, Alain Martineau, pour un euro, avec le maintien de 120 emplois sur un total de 276.

Sur seize représentants du personnel, sept sont toujours sur la sellette. « Quatre d’entre nous ont été licenciés et demandent leur réintégration », explique à l’AFP Vincent Labrousse (CGT), l’un d’entre-eux.

« Nos licenciements sont des représailles contre notre action syndicale », accuse son collègue Patrick Brun, élu au CE de GM&S.

Alain Martineau persiste à demander le licenciement de M. Brun et de deux autres représentants du personnel malgré le refus de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), qui a jugé ces suppressions de poste insuffisamment motivées. Le PDG de GMD a fait appel de cette décision auprès du ministère du Travail, déclenchant de nouvelles auditions par l’inspection du travail de Limoges.

« Sur les 127 licenciés de GM&S, quatorze seulement ont retrouvé un emploi en CDI, certains ont déjà quitté le territoire (…) Nous avons de grosses inquiétudes sur la santé et le moral d’un vingtaine de nos anciens collègues dont nous n’avons presque plus de nouvelles », a dit Vincent Labrousse.

Surtout, les salariés du site de la Souterraine, rebaptisé LSI, s’inquiètent sur la pérennité de leur activité. « Les 22 millions d’euros de commandes annuelles négociées par l’Etat ne sont pas là. Le site tourne à 35-40% de sa capacité. La semaine dernière la direction a soumis l’idée d’un chômage partiel, ce que nous avons catégoriquement refusé », affirme un salarié.

« Il y a du travail à ras-la-gueule partout dans le groupe GMD » avec un recours massif aux intérimaires, accuse M. Labrousse, qui soupçonne la direction de vouloir « asphyxier le site » de La Souterraine.

Les syndicalistes du site ont récemment initié une série de rencontres avec des parlementaires pour promouvoir une loi, dite « GM&S », visant à faire reconnaître la responsabilité vis-à-vis des sous-traitants d’un donneur d’ordre employant plus de 5.000 personnes en France (ou 10.000 dans le monde) et qui tient plus de 30% d’un carnet de commandes.

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