Les femmes, « réserves inexploitées » de l’industrie pétrolière (rapport)

ISTANBUL, 12 juillet 2017 (AFP) – Plus que dans tout autre secteur, excepté dans le BTP, les femmes sont encore largement sous représentées dans l’industrie pétrolière et gazière, relève un rapport publié mercredi, mettant en avant une « culture » à faire évoluer pour tirer parti des atouts de la mixité.

Les femmes ne représentent qu’un cinquième des employés du secteur des hydrocarbures dans le monde, et cette proportion tombe à 17% lorsque l’on grimpe dans la hiérarchie, dévoile ce rapport publié à Istanbul lors du Congrès mondial du pétrole, et réalisé par Boston consulting group (BCG).

Seul 1% des PDG d’entreprises du secteur pétrolier et gazier sont des femmes, énumère encore le rapport intitulé « Réserves inexploitées : promouvoir l’équilibre entre les sexes dans le pétrole et le gaz ».

Autre constat : les femmes sont surtout présentes dans les postes de bureau et beaucoup moins dans les métiers techniques, pourtant un prérequis pour espérer s’élever dans la hiérarchie pétrolière.

Selon le rapport, cette sous-représentation de la gent féminine est une « perte » pour l’industrie, qui se prive d’une diversité de profils de recrutement, et donc de la « créativité » nécessaire pour résoudre les problèmes techniques et économiques.

Cet enjeu est d’autant plus important qu’il va faloir remplacer de nombreux salariés qui vont progressivement partir à la retraite dans un secteur où trois-quarts des employés ont plus de 50 ans.

« L’industrie pétrolière ne peut plus se permettre d’être perçue comme dominée par les hommes et où les femmes n’occupent qu’une place marginale », commente à l’AFP Ivan Marten, un des auteurs du rapport.

Pour rééquilibrer la situation, le secteur pâtit du manque général de femmes dans les formations techniques et scientifiques, du peu de mesures existant pour permettre aux salariés de mieux concilier vie familiale et professionnelle, ou encore de stéréotypes à la vie dure.

Selon l’enquête réalisée par BCG auprès de plusieurs milliers de salariés du secteur, les hommes croient toujours que les femmes sont moins flexibles qu’eux, et sont donc moins aptes à occuper certains postes, par exemple à l’expatriation.

BCG préconise plusieurs mesures, comme des actions de sensibilisation pour attirer les femmes vers les formations scientifiques et techniques, la mise en place de quotas de recrutement, comme le font déjà les groupes Chevron ou Shell, la création de mentorat, ou encore une plus grande ouverture pour les postes les plus élevés dans la hiérarchie.

La volonté des PDG de placer cet enjeu comme une de leurs priorités est aussi un facteur déterminant, souligne le rapport.

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