Les hôpitaux de jours menacés de « disparition » par une réforme tarifaire, s’inquiète la FHF

PARIS, 3 avril 2017 (AFP) – La Fédération hospitalière de France, qui représente les établissements de santé publics, a réclamé lundi le retrait « immédiat » d’une réforme tarifaire « absurde » qui risque d’entraîner selon elle la « disparition » des hôpitaux de jour.

Appliquée depuis le 1er mars, la réforme a durci les critères de financement de l’hospitalisation de jour (prise en charge sans nuitée à l’hôpital), « déclassifiant » un certain nombre de prestations pour les facturer comme de « simples consultations externes », moins remboursées par l’assurance maladie, a expliqué le délégué général de la FHF, David Gruson, lors d’une conférence de presse.

En année pleine, l’impact de la mesure pourrait conduire à une perte de recettes d' »au moins 500 millions d’euros » pour les établissements, s’est-il inquiété, rappelant que les hôpitaux de jour représentent « 4 millions de passages » dans le public.

La mesure, qui « n’a pas pu être budgétée » par les établissements, déjà lourdement impactés par un plan d’économies d’1,1 milliard d’euros pour 2017, a « été prise dans le dos de tous les acteurs de l’hospitalisation, du Parlement, d’un certain nombre d’instances de régulation », s’est indigné le président de la FHF, Frédéric Valletoux. « C’est inadmissible », a-t-il lancé.

Sa fédération réclame un « retrait immédiat » de ce dispositif qui envoie en, outre un « message absurde », à revers de toutes « les incitations faites au développement » du virage ambulatoire – qui vise à écourter les durées de séjour à l’hôpital – cher au gouvernement, a souligné M. Gruson.

Ce nouveau régime accompagne la création d’une « prestation intermédiaire », entre l’hospitalisation de jour et les consultations, décidée dans le cadre du dernier budget de la sécu et limitée pour l’heure à quatre pathologies.

Fin février, le ministère de la Santé avait publié un décret définissant les contours de cette prestation, censée « mieux valoriser et mieux financer le travail pluri-professionnel ».

Mais la réforme est utilisée comme « outil de régulation financière », déplore M. Gruson.

Elle fera l’objet d’une réunion mercredi au ministère, a-t-il précisé.

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