Les hôpitaux publics ne veulent pas « concentrer le tir » de la réforme de santé

PARIS, 28 mai 2018 (AFP) – La réforme du système de santé annoncée par le gouvernement ne devra pas « concentrer le tir sur l’hôpital », a déclaré lundi à l’AFP Frédéric Valletoux, le président de la fédération des établissements publics (FHF).

« Si on veut préserver l’essentiel et sauver notre système de santé, il faut des vraies réformes structurelles qui concernent aussi bien l’hôpital que la médecine de ville », a-t-il estimé, à la veille de l’ouverture du salon annuel de la FHF, qui doit être inauguré par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Alors que le Premier ministre, Edouard Philippe, a promis en février de mener une réforme « globale » du système de santé, M. Valletoux a jugé que « concentrer le tir sur l’hôpital serait une facilité, comme on l’a vu par le passé ».

Pour « redessiner un nouveau modèle qui intègre l’ensemble des professionnels de santé », il ne faut « pas avoir peur de bousculer aussi les conservatismes dans la médecine de ville », a-t-il insisté.

« L’hôpital public ne peut pas tout supporter », a-t-il ajouté, estimant que « face aux tensions d’accès aux soins, on a deux systèmes qui cohabitent de plus en plus »: d’une part « un système universel et public » et d’autre part « une médecine qui se réserve des modes d’intervention bien ciblés ».

La FHF met également en garde contre « une approche uniquement comptable et financière, comme lors du précédent quinquennat ».

« On a déjà donné, on voit ce que ça fait et ça ne suffira pas demain à sauver le système de santé », a affirmé M. Valletoux, disant attendre « des réformes à la fois audacieuses et volontaristes ».

Pour l’heure, le gouvernement a lancé cinq « grands chantiers » mais « on ne sait pas du tout ce qui se prépare », a-t-il assuré.

« On a été sollicité, il y a une écoute, mais pas de concertation au sens où il n’y a pas d’échanges », a-t-il expliqué.

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