Les infirmiers dénoncent l’ouverture de leurs activités aux ressortissants européens

 PARIS, 24 janvier 2017 (AFP) – Le syndicat infirmier SNPI et l’Ordre des infirmiers dénoncent mardi l’ouverture partielle de leurs activités aux ressortissants européens moins qualifiés, à la suite de la publication récente d’une ordonnance, synonyme, selon eux, de la mise en place de « soins low cost ».

Transposition d’une directive européenne de 2013, l’ordonnance publiée vendredi au Journal officiel prévoit d’autoriser les professionnels de santé européens qualifiés dans leur pays d’origine à exercer en France, mais seulement certaines activités. Notamment lorsque les différences entre l’activité professionnelle dans leurs pays et la France « sont si importantes » que cela reviendrait à leur imposer « de suivre le programme complet d’enseignement et de formation requis pour avoir pleinement accès à la profession » dans l’Hexagone.

« Nous refusons que des auxiliaires de vie des pays de l’Est puissent faire un exercice partiel de la profession infirmière en France », fustige dans un communiqué le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), qui rappelle que trois années d’études sont nécessaires pour exercer comme infirmier en France.

« La création d’un accès partiel n’est qu’une nouvelle division du travail, avec une approche saucissonnée des soins », au risque de « réaliser des économies par des soins low cost », condamne son secrétaire général Thierry Amouroux.

« Qui, dans la réalité, va aller vérifier que ces professionnels effectueront uniquement les actes autorisés ? », souligne également Yann De Kerguenec, directeur de l’Ordre national des infirmiers, déplorant « une menace majeure pour la qualité des soins et la sécurité ».

Pour lui, « on va instaurer une nouvelle catégorie de professionnels entre les aide-soignants et les infirmiers qui va complètement brouiller la lisibilité du système pour les patients ».

Le ministère de la Santé, interrogé par l’AFP, souligne que « cette autorisation est encadrée par des conditions très strictes et par un examen au cas par cas des demandes ». « Le professionnel bénéficiant d’une autorisation d’accès partiel devra informer clairement les patients des actes qu’il est habilité à effectuer », insiste-t-il.

« Le gouvernement a fait le choix d’engager une concertation avec tous les acteurs pour renforcer les critères liés à la procédure », qui a décalé l’entrée en vigueur de l’ordonnance, précise-t-il.

Le SNPI rappelle pour sa part que le texte avait été rejeté à « l’unanimité par le Haut conseil des professions paramédicales et dénoncé par les organisations professionnelles représentatives ».

L’Ordre prévoit de déposer un recours auprès du Conseil d’Etat pour « excès de pouvoir » et de « mobiliser » les parlementaires pour empêcher la ratification du texte au Parlement.

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