Les jeunes, principaux touchés par la réduction du nombre de contrats aidés (Dares)

PARIS, 15 novembre 2019 (AFP) – Les jeunes peu qualifiés sont les principaux touchés par la réduction du nombre de contrats aidés, qui ont chuté de 54% en 2018 après déjà 36% en 2017, selon une étude de la Dares, le service statistiques du ministère du Travail, publiée vendredi.

En 2018, 133.900 contrats aidés – embauches initiales et reconductions – ont débuté contre 293.500 en 2017 et 459.300 en 2016. L’enveloppe de 200.000 contrats votée en loi de finances 2018, abaissée à 168.000 en cours d’année, n’a donc même pas été entièrement consommée.

Du fait de la fin des emplois d’avenir, ciblés quasi exclusivement sur les jeunes peu diplômés, seuls 16% des recrutements en 2018 concernaient des personnes de moins de 26 ans contre 25% en 2017 et 30% en 2016.

« Le ciblage des contrats aidés s’effectue désormais moins souvent en faveur des jeunes et plus souvent en direction des seniors, des bénéficiaires de minima sociaux et des personnes inscrites à Pôle emploi depuis plus d’un an », constate la Dares.

La nouvelle majorité a réduit drastiquement le nombre de contrats aidés et mis en place un nouveau type de contrat: le parcours emploi compétences (PEC) assorti d’exigences renforcées en matière de formation. L’aide financière de l’Etat est en outre moins importante (50% du Smic brut contre 70% auparavant) et, pour éviter les effets d’aubaine, ces contrats sont réservés au secteur non-marchand (sauf outremer).

Selon la Dares, « les engagements à réaliser certains types de formation ont progressé avec la mise en place des PEC ». Ainsi, pour 14% des PEC, les employeurs affichent l’intention de faire suivre à leur bénéficiaire une formation qualifiante quand cela ne concernait que 8% des contrats débutés en 2017.

L’insertion sur le marché du travail a également progressé en 2018: la part des personnes qui sont en emploi six mois après la fin de leur contrat aidé augmente de 1 à 5 points selon le type de contrat aidé, en partie du fait de l’amélioration de la conjoncture économique.

A court terme cependant, la Dares estime que cette réduction du nombre de contrats aidés « a un effet négatif sur l’emploi » car « une part plus ou moins importante des embauches n’aurait pas eu lieu sans l’aide de l’État ».

Selon ses hypothèses, « la diminution du nombre de bénéficiaires de contrat aidé aurait entraîné une baisse de l’emploi de 94.000 et une hausse du nombre de demandeurs d’emploi de 69.000 en 2018 ».

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