Les médecins ne « prescrivent pas des jours de congés », selon un syndicat

PARIS, 27 août 2018 (AFP) – Les médecins ne sont pas « complices » en accordant des arrêts de travail et « ne prescrivent pas des jours de congé », a protesté lundi l’Union française pour une médecine libre (UFML) après les déclarations du Premier ministre dimanche.

« L’UFML-Syndicat rappelle que les médecins prescrivent des arrêts de travail à leurs patients, tout au long de l’année et sur tout le territoire, mais ils ne prescrivent pas de jours de congé », a souligné l’UFML dans un communiqué lundi, en reprochant à Édouard Philippe d’avoir fait un « raccourci choquant » en « rapprochant dans une même phrase arrêt de travail et jour de congé » dans une interview parue la veille dans le Journal du dimanche (JDD).

« Les médecins hospitaliers ou de ville n’ont pas à respecter de quotas mesurés à l’impact économique de ces arrêts de travail mais à déterminer à chaque instant la nécessité médicale d’une telle prescription », a ajouté l’UFML.

« Le syndicat rappelle aussi que les arrêts maladie peuvent être contrôlés par les médecins conseils de l’Assurance maladie ».

Dans le JDD, M. Philippe avait affirmé que « l’enjeu des arrêts maladie est considérable ». « Chaque année, un peu plus de 10 milliards d’euros sont consacrés à l’indemnisation des salariés arrêtés, et ce volume progresse de plus de 4 % par an. En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé. »

Pour lui, « c’est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire », et la part croissante des dépenses de santé destinées à couvrir les arrêts maladie « veut dire qu’on a moins d’argent pour le financement des hôpitaux ou de nouveaux traitements ».

« Donc il ne s’agit pas de renvoyer vers tel ou tel le coût de ces indemnisations – les entreprises pas plus que d’autres. C’est ensemble qu’il faut résoudre le problème. Mais je veux dire à tous que cela ne peut pas durer », a-t-il conclu.

Le quotidien Les Échos avait indiqué début août que l’exécutif envisageait de faire prendre en charge par les entreprises, à la place de la Sécurité sociale, quatre jours d’indemnités journalières pour les arrêts de moins de huit jours. Un projet auquel le patronat s’est vivement opposé.

tht/cel/sd