Les médecins radiologues appelés à la grève jeudi contre une baisse de tarifs

PARIS, 21 mars 2017 (AFP) – Les radiologues libéraux sont appelés à fermer leur cabinet jeudi pour protester contre des baisses de tarifs récemment décidées par l’Assurance maladie et qui « pénalisent », selon leur principal syndicat, leurs capacités d’investissement « au détriment des patients ».

« A peu près 80% » des 4.800 radiologues libéraux seront grévistes, a affirmé mardi à l’AFP Jean-Philippe Masson, le président de leur fédération nationale (FNMR), précisant que des médecins seraient réquisitionnés à la demande des agences régionales de santé.

Le mouvement, soutenu par les principaux syndicats de médecins libéraux (CSMF, FMF, SML), sera suivi d’une grève de la prise téléphonique des rendez-vous en IRM jusqu’au 31 mars.

Objectif ? Dénoncer « la décision arbitraire et unilatérale » de l’Assurance maladie de baisser certaines rémunérations pour économiser, selon elle, près de 50 millions d’euros et enrayer l’augmentation continue des dépenses d’imagerie médicale.

A la mi-février, les forfaits versés aux exploitants des IRM, scanner et TEP (tomographes par émission de positons) pour prendre en charge les coûts d’amortissement et de fonctionnement ont ainsi été baissés de 2%.

Et début avril, la majoration actuellement réservée aux radiologues sera remplacée par une autre, d’un montant moins important, elle sera ouverte à tous les actes de radiographie quelle que soit la spécialité du médecin (radiologues, pneumologues ou rhumatologues).

Annoncées fin janvier, ces baisses « concernent exclusivement les capacités d’investissement des structures de radiologie » et pas les honoraires, explique M. Masson, inquiet d’un frein à l’acquisition d' »équipements plus modernes » permettant « une meilleure prise en charge des patients ».

En outre, il faudra réduire la masse salariale et donc le temps passé à manipuler les appareils, prévient-il. Conséquence, les délais d’attente, de « 30 jours en moyenne pour un examen IRM », vont encore s’allonger, assure son syndicat.

C’est un article de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 qui a permis à l’Assurance maladie d’imposer ces baisses après l’échec de ses négociations avec la profession.

Une disposition controversée que la FNMR voudrait voir retirée du prochain budget de la sécu.

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