Les partenaires sociaux européens en action face à l’épidémie de Covid-19

PARIS, 18 mars 2020 – Les partenaires sociaux européens – la Confédération européenne des syndicats (CES) et les organisations d’employeurs BusinessEurope, CEEP et SMEunited – ont adopté, le 16 mars dernier, une déclaration sur l’urgence liée au Covid-19.

Ils expliquent être, dans les États membres, « à l’avant-garde de la conception et de la mise en oeuvre de mesures extraordinaires visant à aider les entreprises et les travailleurs à faire face à cette urgence ». Et, en effet, de nombreuses initiatives ont d’ores et déjà été adoptées au niveau national.

Un soutien aux institutions européennes

Les partenaires sociaux européens soutiennent les initiatives prises par les institutions européennes ces derniers jours. Ils invitent les gouvernements à approuver les mesures proposées par la Commission européenne, notamment les initiatives visant à encourager les dépenses et les investissements des États membres, en particulier pour renforcer le personnel, les équipements et les moyens des services de santé nationaux, des systèmes de protection sociale et des autres services d’intérêt général. Ils approuvent aussi la mobilisation des fonds structurels et autres fonds de l’UE non utilisés pour aider les États membres à assurer un soutien financier et un maintien des revenus des travailleurs touchés par le chômage ou la suspension de leur travail, « y compris les travailleurs atypiques et les indépendants ». Ils saluent les efforts déployés par la Commission « pour faire preuve d’une flexibilité totale dans le cadre des règles relatives aux aides d’État ».

Pour les signataires, « les États membres devraient impliquer les partenaires sociaux nationaux dans la conception et la mise en oeuvre des mesures nationales ». « Tous les efforts doivent être entrepris pour aider les travailleurs, les entreprises, les activités économiques et les services publics à survivre à la crise – afin qu’ils puissent reprendre leurs activités lorsque la crise prendra fin –, pour maintenir les travailleurs dans leur emploi pendant ce temps, pour les protéger contre le chômage et la perte de revenus, et pour atténuer les pertes financières. »

Une mobilisation dans les États membres

À l’échelon national, la mobilisation des partenaires sociaux est forte afin de trouver un consensus sur des mesures urgentes. En Espagne, les confédérations syndicales UGT et CCOO ainsi que les organisations patronales CEOE et Cepyme ont travaillé conjointement afin de pallier au plus tôt les effets du Covid-19. Le 12 mars, ces organisations se sont accordées sur une série de mesures extraordinaires à présenter au gouvernement, comme le chômage partiel ou le télétravail.

Un recours massif au chômage partiel

Comme lors de la crise de 2008, les vertus du chômage partiel sont à l’honneur. Partout il fait partie de la panoplie des mesures adoptées en urgence, avec une nette volonté d’améliorer les dispositifs existants. En Suède, à la demande des partenaires sociaux, le gouvernement a adopté un système de « licenciements de courte durée » qui, précise la confédération LO, permet aux salariés de recevoir plus de 90% de leur salaire en ne travaillant qu’à 40% de leur temps.

En Autriche, les partenaires sociaux et le gouvernement ont adopté un premier train de mesures avec un budget de 400 millions d’euros dédiés au financement du chômage partiel. En Italie, les partenaires sociaux et le gouvernement ont adopté, le 14 mars, un protocole commun visant à réglementer les mesures destinées à combattre et à endiguer la propagation du Covid-19 sur les lieux de travail. Cette forte implication des partenaires sociaux dans la prise de décisions urgentes montre l’utilité de ces corps intermédiaires parfois marginalisés.