Les pauvres ont davantage pâti du confinement que les riches (Insee)

PARIS, 19 juin 2020 (AFP) – Les classes sociales les plus pauvres sont aussi celles qui ont le plus pâti du confinement: elles ont davantage subi une perte de revenus, ont moins télétravaillé, et ont eu plus de mal à gérer le suivi scolaire des enfants, révèle une étude de l’Insee publiée vendredi.

Pendant la crise sanitaire, 30% des personnes les plus modestes – c’est-à-dire se situant dans les 20% de la population ayant les plus faibles revenus – ont vu leur situation financière se dégrader, contre 11% seulement des plus aisés – appartenant aux 20% ayant les plus hauts revenus.

De même, 43% des ouvriers ont connu une situation susceptible d’avoir amputé leurs revenus (chômage partiel, arrêt de travail pour maladie ou garde d’enfants, ou encore non-renouvellement de contrat).

Mais seuls 34% des cadres et professions intermédiaires ont été dans ce cas, précise l’Insee, sur la base de son « enquête mensuelle de conjoncture auprès des ménages ».

Sans surprise, les personnes modestes ont également beaucoup moins pratiqué le télétravail que les cadres: cette situation a concerné 2% des ouvriers, 20% des employés et 58% des cadres et professions intermédiaires.

Parmi les personnes ayant des enfants, 35% disent avoir eu des difficultés pour assurer leur suivi scolaire. Avec, là aussi, une corrélation très nette avec le niveau de vie: près de la moitié des plus modestes ont éprouvé des difficultés pour gérer « l’école à la maison », mais un quart seulement des plus aisés.

Au final, lorsqu’on demande aux personnes d’exprimer à quel point elles ont trouvé le confinement « pénible » (note entre 0 et 10), 27% disent avoir vraiment mal vécu cette période, en donnant une note au moins égale à 7.

Ce taux monte à 37% pour les plus modestes, mais baisse à 17% pour les plus aisés.

Les femmes expriment un « sentiment de pénibilité » légèrement plus marqué que les hommes.

Cet écart de perception entre les sexes se creuse lorsque le couple a des enfants (5,0 pour les femmes, 4,4 pour les hommes), ce qui s’explique par la persistance d’inégalités dans les tâches parentales: 83% des mères disent avoir consacré plus de 4 heures par jour à leurs enfants pendant le confinement, contre 57% des pères.

Parmi celles et ceux qui avaient un emploi, les mères ont été deux fois plus nombreuses que les pères à renoncer à travailler pour garder les enfants (21% contre 12%).

Enquête INSEE réalisée par téléphone, du 27 avril au 16 mai, auprès de plus de 1.600 personnes de plus de 15 ans.

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