Les pilotes d’Air France votent à 71% pour le principe d’une grève longue

PARIS, 14 mars 2018 (AFP) – Les pilotes d’Air France, consultés par le syndicat majoritaire SNPL, ont voté pour le principe d’arrêts de travail pouvant dépasser 6 jours, dans le cadre du conflit salarial en cours dans la compagnie, a indiqué mercredi le syndicat à l’AFP.

A « la possibilité de recourir, au besoin, à un ou plusieurs arrêts de travail d’une durée cumulée supérieure à 144 heures », les pilotes d’Air France ont voté « oui » à 71%, a annoncé le président du SNPL Air France, Philippe Evain.

Le taux de participation s’est élevé à 54% chez l’ensemble des pilotes. Les adhérents du SNPL Air France ont été 71% à participer, a-t-il ajouté, évoquant le « large consensus » exprimé.

Onze organisations syndicales, tous métiers confondus, appellent à une grève le 23 mars, après celle du 22 février, pour exiger une revalorisation des grilles salariales de 6% censée, selon elles, rattraper la perte de pouvoir d’achat subie depuis la dernière augmentation générale en 2011.

L’intersyndicale se réunit jeudi matin pour « définir la meilleure manière de contraindre » la direction « à satisfaire notre revendication salariale », ont indiqué les organisations de pilotes (SNPL, Spaf, Alter), d’hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD), mercredi dans un communiqué.

Mardi, la direction a rencontré ses représentants pour tenter d’éviter la grève. Elle a proposé de compenser la baisse de pouvoir d’achat pour certains salariés, sans convaincre.

« La direction n’a, à aucun moment, tenté de débloquer la situation, cherchant même à diviser les salariés avec +la proposition+ d’individualiser les augmentations », a réagi l’intersyndicale mercredi, en précisant que « la grève du 23 mars (était) maintenue ».

« Hier c’était une mascarade », étudier les situations individuelles « est impossible et ça n’a aucun sens », a commenté M. Evain du SNPL.

Le 22 février, un premier mouvement social, auquel avaient appelé l’intersyndicale et l’Unac (représentatif chez les PNC), a cloué au sol un quart des avions.

Les syndicats appelant à la grève rejettent unanimement l’augmentation générale de 1% en deux temps appliquée pour 2018 par la direction d’Air France, la jugeant insuffisante au regard des résultats financiers de la compagnie.

Celle-ci assure que « le montant perçu par les salariés augmentera de 4,5% en moyenne pour l’année du fait de l’augmentation générale, des augmentations individuelles et du versement de l’intéressement ».

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