Les PME non cotées recourent encore très peu à l’actionnariat salarié

 PARIS, 10 mars 2016 (AFP) – L’actionnariat salarié est encore très peu développé en France parmi les PME non cotées, alors même que les entreprises utilisant ce dispositif en sont très satisfaites, révèle une étude publiée jeudi.

Seules 4% des PME françaises non cotées proposent à leurs salariés d’être actionnaires, selon cette enquête réalisée par OpinionWay pour le cabinet de conseil BDO et le spécialiste de l’épargne salariale ERES.

Elles ne sont en outre que 5% à envisager sérieusement de se lancer au cours des trois prochaines années.

« La France est championne d’Europe de l’actionnariat salarié coté mais elle est en retard dans les entreprises non cotées », constate Olivier de Fontenay, directeur général d’ERES, cité dans un communiqué.

L’actionnariat salarié est l’un des dispositif de partage du profit les moins utilisés par les PME, qui privilégient la prime salariale (41% des entreprises répondantes), la participation (26%) ou encore les plans d’épargne entreprise ainsi que les plans épargne groupe (23%).

Au total, 7 PME françaises non cotées sur 10 proposent au moins un dispositif. Elles sont 18% à en proposer plus de 3.

Concernant l’actionnariat salarié, les entreprises ayant mis en place un tel dispositif ont voulu impliquer plus fortement les collaborateurs au fonctionnement de l’entreprise (44%), partager le profit avec eux (36%), les fidéliser (36%), améliorer la rémunération (26%) ou encore renforcer l’attractivité de l’entreprise (21%).

L’étude montre en revanche qu’un des principaux freins à son développement est la méconnaissance des dispositifs existants, puisque 35% des entreprises disent ne pas avoir pensé à cette possibilité.

Viennent ensuite les problèmes de confidentialité (24%), les risques de dilution du pouvoir (23%), les problèmes possibles lors de la transmission de l’entreprise (23%) et la complexité de l’opération (22%).

« L’actionnariat salarié favorise la croissance des entreprises mais ses vertus sont encore trop méconnues au sein des PME non cotées », relève Rolland Nino, directeur général de BDO France, cité dans le communiqué.

Pourtant, 85% des entreprises proposant de l’actionnariat salarié sont satisfaites du dispositif. Elles sont même 29% à envisager de l’amplifier.

M. Nino estime par ailleurs que « la nouvelle loi Macron, allégeant notamment la fiscalité entourant l’attribution d’actions gratuites, devrait permettre à l’actionnariat salarié de repartir à la hausse ».

Cette enquête a été réalisée par téléphone du 17 novembre 2015 au 20 janvier 2016 auprès d’un échantillon de 700 entreprises non cotées en Bourse.

L’échantillon est pondéré pour être représentatif de l’univers des entreprises françaises de 20 à 1.000 salariés, à l’exception du secteur public, est-il précisé.

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