Les postiers aux urnes dans une entreprise en mutation

PARIS, 1 décembre 2018 (AFP) – Plus de 200.000 postiers désignent à partir de lundi et jusqu’à jeudi leurs représentants pour les quatre prochaines années, un scrutin qui intervient dans une entreprise en pleine transformation et dont les effectifs ont fondu ces dernières années.

Pour la CGT, première avec 26,54% des voix, « l’enjeu est bien sûr de garder » cette place, dit sa représentante Valérie Mannevy, qui « reste assez confiante ». A quatre points derrière (22,51%), la CFDT a pour ambition de passer « première », un objectif « atteignable » pour Stéphane Chevet, secrétaire national en charge de la Poste.

Lors du dernier scrutin, en 2014, la CFDT avait gagné plus de quatre points et ravi la deuxième place à SUD (20,17%). Viennent ensuite FO (19,97%) et l’alliance CFTC-CGC-UNSA (9,71%).

Ces élections, par voie électronique exclusivement, vont concerner au total 202.093 personnes – personnels encore fonctionnaires et salariés de droit privé. Contre près de 230.000 en 2014, ce qui illustre la réduction des effectifs du groupe.

Cette baisse a surtout touché l’exécution, note Valérie Mannevy. Elle « n’est pas en notre faveur », craint Régis Blanchot pour SUD.

Chez les agents, la proportion entre personnels encore fonctionnaires et salariés s’est inversée. Les premiers représentent désormais moins de la moitié des effectifs (81.190 fonctionnaires contre 120.903 salariés, soit 40%).

Dans le contexte actuel, les syndicats s’interrogent sur la participation, « historiquement élevée » à la Poste (75,63% en 2014, 76,38% en 2011), dit M. Chevet. Est-ce que ce sera encore le cas?

Accélération du déclin de l’activité courrier mais activité colis en progression, rapprochement avec CNP Assurances et changement d’actionnaire majoritaire, avec montée en puissance de la Caisse des dépôts et baisse de l’Etat… La Poste est « en perpétuelle transformation » et a « un vrai challenge à relever », souligne le représentant CFDT.

Les réorganisations des dernières années ont été à l’origine de plusieurs mouvements de grève locaux, chez les facteurs notamment. Ce qui donne à la CGT « beaucoup d’espoir car il y a eu énormément de luttes contre la stratégie de l’entreprise », dit Valérie Mannevy.

Dans sa campagne, SUD a mis notamment l’accent sur la « destruction du métier de facteur » et le « mal-être au travail ».

Si la CFDT évoque une « perte de sens et du stress sur toute la ligne managériale » à la suite de la mise en oeuvre, « sans aucune négociation avec les syndicats », d’un projet « management commercial client », elle estime qu' »au courrier », un projet « structurant » a été engagé, avec la signature début 2017 d’un accord sur le métier de facteur.

Attendus vendredi, les résultats seront, pour la partie fonctionnaires, agrégés à ceux des élections en cours dans la fonction publique.

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