Les prestations sociales font baisser de 8 points le taux de pauvreté (étude)

PARIS, 6 septembre 2019 (AFP) – Les quelque 8,8 millions de personnes pauvres en France ont eu en moyenne 345 euros par mois d’aides sociales en 2016, ce qui a permis de diminuer de 8,2 points le taux de pauvreté, indique une étude publiée vendredi par la Drees.

Grâce à ces prestations – qui comprennent les minima sociaux, les allocations logement, les prestations familiales et la prime d’activité -, le taux de pauvreté est de 14% de la population, alors qu’il aurait atteint 22,2% en l’absence de ces allocations, précise le service statistique des ministères sociaux.

Le taux de pauvreté mesure la proportion de personnes dont le niveau de vie est inférieur à 60% du niveau de vie médian, soit 1.026 euros par mois.

Ce chiffre n’est pas forcément directement corrélé à la pauvreté « ressentie » par la population, laquelle est en nette augmentation. Ainsi, selon le « baromètre d’opinion » de la Drees, 18% des Français se considéraient comme pauvres fin 2018, contre 13% un an plus tôt, alors que dans le même temps le taux de pauvreté « monétaire » (mesurable d’un point de vue statistique) restait quasiment stable.

Chez les ouvriers, la détérioration de cette perception a été encore plus nette: 29% se déclaraient pauvres en 2018, contre 18% en 2017.

En ce qui concerne les minima sociaux – dont les quatre principaux sont le RSA, l’allocation adulte handicapé, le minimum vieillesse et l’allocation de solidarité spécifique -, la Drees précise qu’en 2017, ils ont bénéficié à 7 millions de personnes (en comptant les enfants et conjoints), soit 11% de la population. Dans les départements d’outre-mer, hors Mayotte, ce taux monte à un tiers.

La France a consacré en 2017 quelque 26,5 milliards d’euros, soit 1,2% de son PIB, à ces minima sociaux.

L’exécutif mène depuis plusieurs mois une concertation sur la création d’un revenu universel d’activité (RUA), qui se substituerait d’ici à 2023 à plusieurs prestations sociales, dont le RSA et la prime d’activité.

L’idée de cette prestation unique avait été annoncée il y a un an par le président Emmanuel Macron au moment de la présentation de sa stratégie de lutte contre la pauvreté.

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