Les représentants du personnel, plus souvent des hommes, plus âgés, mais pas des « vétérans » (étude)

PARIS, 22 janvier 2019 (AFP) – Plus souvent des hommes, plus âgés, plus anciens dans l’entreprise mais pas des « vétérans » des mandats contrairement à l’image qu’on peut en avoir: pour la première fois, une étude rendue publique mardi dresse un « portrait » des représentants du personnel.

Cette étude de la Dares, le service statistiques du ministère du Travail, s’appuie sur l’enquête Relations professionnelles et négociation d’entreprise (REPONSE) réalisée au premier semestre 2017.

Avec cette édition de l’enquête REPONSE, « pour la première fois », on peut « dresser un portrait » des représentants du personnel dans les entreprises du secteur marchand et associatif (hors agriculture) de 11 salariés et plus, a souligné l’auteur de l’étude, Maria Teresa Pignoni, en la présentant à la presse.

En 2017, 629.000 salariés, soit 6% de l’ensemble des salariés du champ étudié, exerçaient un ou plusieurs mandats d’élu (titulaire ou suppléant) et de délégué syndical, soit 918.000 mandats.

Ces représentants sont « plus souvent des hommes » (62% contre 58% des salariés), avec des femmes « sous-représentées » dans quasiment tous les mandats, sauf dans le cas des délégations uniques du personnel (42,4%). Elles sont en particulier sous-représentées parmi les délégués syndicaux (27,2%) et les membres du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (32,1%).

« D’une manière générale », les représentants du personnel sont plus âgés: 65% ont entre 40 et 59 ans, contre 54% pour l’ensemble des salariés. Et les délégués syndicaux sont plus âgés que les élus, 42% d’entre eux ayant 50 ans ou plus contre 29% des élus.

Les représentants du personnel ont aussi une ancienneté dans l’entreprise supérieure: 59,8% y travaillent depuis plus de 12 ans, contre 43,6% de l’ensemble des salariés. Une proportion qui monte à 68,9% pour les délégués syndicaux.

En revanche, avec seulement 16,4% des représentants du personnel exerçant un mandat depuis 10 ans ou plus, contre 59,9% depuis quatre ans au plus, l’étude montre que « les +vétérans+ ne sont pas très nombreux », qu’on « n’observe pas une monopolisation des fonctions de représentant », relève Mme Pignoni, ce qui va à l’encontre de « l’image des représentants qui cumulent » dans le temps. « C’est un peu contre-intuitif », a-t-elle commenté.

Plus de la moitié (56,2%) des représentants du personnel sont adhérents d’un syndicat (12% des salariés). La « proximité » est un facteur clé de la syndicalisation, avec 51,1% des salariés syndiqués et 50,8% des représentants syndiqués ayant adhéré « par relation », contre respectivement 27,6% et 22% « à la suite d’un problème ». Dans les établissements dotés de délégués syndicaux, 18% des salariés sont syndiqués, contre 4% dans les établissements qui en sont dépourvus, souligne aussi l’étude.

Interrogés sur leur « situation d’emploi », les représentants syndiqués sont « plus pessimistes » que les non-syndiqués, montre l’étude. Ils sont moins nombreux à « avoir bénéficié de promotions dans le passé » (22,4% contre 27,5%) et plus nombreux à « exprimer des craintes quant au risque de perdre leur emploi dans un futur proche » (19% contre 12,9%). Un résultat encore plus vrai pour les délégués syndicaux (seuls 15,1% ont bénéficié d’un promotion, 21,9% craignent de perdre leur emploi).

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