Les retraités dans la rue pour demander une revalorisation de leurs pensions, en vain

PARIS, 29 septembre 2016 (AFP) – Plus de 1.000 retraités, 5.000 selon les organisateurs, ont manifesté jeudi à Paris pour demander une revalorisation de leurs pensions, a constaté un journaliste de l’AFP, mais le gouvernement a d’ores et déjà annoncé que cela n’était pas prévu.

Partie de Montparnasse dans une ambiance bon enfant, la manifestation, lancée à l’appel de neuf organisations syndicales et associations (dont CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires …) a rejoint le ministère des Affaires sociales.

« Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère de cette société là on n’en veut pas ! », scandaient les manifestants pour certains avec des pancartes en main sur lesquelles on pouvait lire: « la retraite c’est 60 ans et à taux plein parce que je le vaux bien » ou encore « Vivre d’amour et d’eau fraîche et 0,1% en trois ans ça suffit pas ».

« J’ai 63 ans, je travaille depuis 1968 en tant que boulanger-pâtissier à Paris, si je prends ma retraite j’aurais que 900 euros, c’est pas normal ! », témoigne Roger.

Les manifestants, qui dénoncent une baisse de leur pouvoir d’achat, demandent un retour de la revalorisation annuelle des pensions au 1er janvier et non plus au 1er octobre, ainsi que son indexation sur l’évolution du salaire moyen et non plus sur les prix alors que l’inflation est quasi nulle depuis 2015.

Mais, dans la matinée, le secrétaire d’Etat chargé du Budget, Christian Eckert, a annoncé qu’il ne prévoyait pas d’augmentation.

« Aujourd’hui, l’inflation est faible voire nulle. Donc revaloriser les retraites serait une dépense extraordinairement importante. (…) Il n’est pas prévu de revalorisation », a déclaré Christian Eckert.

« On a été augmenté de 0,1%, ça représente même pas un croissant ! Tout augmente sauf les retraites, on s’en sort plus », déplore Claude, cheminot retraité.

L’intersyndicale déplore également des mesures fiscales « régressives » (hausse de la CSG, TVA, Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie…).

A Marseille, quelque 200 manifestants ont également battu le pavé. « Depuis 1988 ma pension n’a pas bougé, je touche 1.690 euros par mois, je vis seule et je paye un loyer de 500 euros, je ne peux pas me payer une aide à domicile alors que je vieillis », dénonce Marie-Jeanne. La nonagénaire se dit inquiète pour l’avenir: « Les maisons de retraite sont devenus des hôtels pour riches, je ne pourrai pas y aller. »

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