Les salariés de la Croix-Rouge mobilisés contre un projet de réorganisation

PARIS, 30 mars 2016 (AFP) – Des dizaines de salariés de la Croix-Rouge française se sont mobilisés mercredi à Paris et en région, à l’occasion d’un CCE, contre un projet de réorganisation de l’association qui menacerait plus d’un millier d’emplois selon les organisations syndicales.

Un rassemblement à l’appel de sept organisations syndicales dénonçant « l’absence d’orientations stratégiques cohérentes et les menaces sur l’emploi » a réuni plusieurs dizaines de personnes devant le siège de l’association, à Paris. Les salariés se sont aussi mobilisés dans l’Eure et en Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

La direction évoque « environ 60 suppressions de postes et une centaine de mobilités géographiques et fonctionnelles ». Selon les syndicats, 1.300 salariés seraient touchés.

« Trois plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) sont en cours et deux autres vont s’ouvrir en avril », a précisé Anne Taquet, déléguée syndicale CGT (premier syndicat) et secrétaire du Comité central d’entreprise (CCE).

La Croix-Rouge française compte 18.000 salariés dans 650 établissements.

Parmi les projets de la direction, la cession d’une partie des Services d’aides et d’actions à domicile (SAAD), le regroupement des fonctions support (paie, comptabilité, contrôle gestion…) dans deux centres, à Noisy, en région parisienne, et Villeurbanne dans le Rhône, contre cinq actuellement, et le passage de 17 à 12 directions régionales, calquées sur le nouveau découpage des régions.

Les sept cessions de SAAD annoncées, motivées par un déficit cumulé de 40 millions d’euros sur 5 ans de la filière, selon la direction, concernent celles situées en Ile-de-France, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur et dans l’Eure.

« Les organisations syndicales ont suspendu leur avis et demandé l’arrêt des cessions », a indiqué Anne Taquet.

Pour défendre son projet de réorganisation, la direction met en avant « une double contrainte »: l’accompagnement d’un plus grand nombre de personnes (migrants, jeunes précaires, personnes âgées dépendantes…) et des pressions « pour réduire son budget de fonctionnement avec une trésorerie qui a diminué de 42% depuis 2011 ».

« Nous avons certes perdu des appels d’offre mais les PSE ne se justifient pas », affirme la déléguée CGT.

Premier opérateur national pour les formations en secourisme, la Croix-Rouge a notamment perdu le marché de l’initiation aux gestes de premiers secours prévue lors de la Journée défense et citoyenneté.

L’association compte également 56.000 bénévoles.

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