Les salariés de SoLocal font entendre leur voix avant une AG des actionnaires décisive

PARIS, 9 décembre 2016 (AFP) – Plusieurs centaines de salariés du groupe SoLocal, héritier endetté des PagesJaunes, ont manifesté vendredi à l’appel de tous les syndicats pour faire entendre leur voix, à quelques jours d’une assemblée générale des actionnaires qui doit se prononcer sur un plan de restructuration.

Quelque 700 salariés selon les organisateurs, 500 à 600 selon une source policière, se sont rassemblés devant le siège du groupe à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) en milieu de journée, à l’appel d’une intersyndicale CFDT, CFE-CGC, Autonome, FO, CGT, IDS et CFTC.

Des rassemblements ont aussi eu lieu à Eysines, à côté de Bordeaux, Marseille, Lille, Lyon, Nancy et Rennes, selon la CFDT et la CFE-CGC. Les 4.400 salariés de SoLocal en France sont répartis entre le siège (environ 1.800) et 19 agences en province.

Les salariés représentent « la seule vraie valeur de l’entreprise aujourd’hui et demain », souligne l’intersyndicale dans un tract, en demandant que « cessent les discours alarmistes, les promesses creuses, les calculs machiavéliques, les menaces de sabordage des uns et des autres! ».

Le conseil d’administration de SoLocal a validé début décembre un nouveau plan de restructuration qui vise, comme le précédent, à ramener la dette du groupe de 1,16 milliard à 400 millions d’euros. Ce plan sera soumis aux actionnaires le 15 décembre. S’il est avalisé, il sera présenté au tribunal de commerce de Nanterre le lendemain.

Le précédent plan de désendettement avait été rejeté le 19 octobre par les actionnaires.

Si les syndicats « n’ont pas tous le même point de vue » sur la situation, « il y a une chose qui nous importe, c’est que les salariés et les conditions de travail soient respectés », a dit à l’AFP Alexandre Gamay (CFE-CGC, deuxième force syndicale).

« Les salariés se mobilisent pour garantir l’avenir de l’entreprise et de l’emploi » face aux « +prédateurs+ qui veulent mettre la main » sur le groupe, a renchéri Belhassen Essaadi, représentant de la CFDT, premier syndicat du groupe.

Si le plan est voté, l’entreprise « repartira avec une dette en phase avec son chiffre d’affaires », cela lui « donnera un nouvel élan », a estimé M. Gamay. Dans le cas contraire, les syndicats craignent soit un « démantèlement » du groupe, soit une reprise impliquant une « compression d’effectifs », a-t-il ajouté.

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