Les salariés d’Ecopla en lutte pour sauver leur usine, « reçus » mais « déçus »

PARIS, 12 septembre 2016 (AFP) – Les anciens salariés d’Ecopla porteurs d’un projet de coopérative pour cette PME iséroise en liquidation sont ressortis « déçus » de leurs entrevues successives lundi avec la secrétaire d’Etat Martine Pinville et l’ancien ministre de l’Economie Emmanuel Macron, a indiqué à l’AFP une porte-parole des salariés.

Après deux ans de tentatives et trois mois d’occupation de l’usine, « on est contents d’avoir été reçus, certes, mais on est en colère et déçus », a expliqué Karine Salaün, ex-assistante commerciale d’Ecopla.

Selon la porte-parole des salariés, la dizaine de salariés de ceux qui étaient du voyage à Paris a été reçue dans l’après-midi par M. Macron, au quartier général de son mouvement « En marche! ». Dans la matinée, ils ont rencontré la secrétaire d’Etat en charge de l’Economie sociale et solidaire.

« M. Macron, comme ce matin Mme Pinville, s’est abrité derrière la décision du tribunal de commerce, c’est assez consternant d’avoir ce type de réponse alors qu’on l’avait alerté dès 2014 », « leur discours, c’est on ne peut rien faire », dit-elle.

Confrontée à des problèmes de trésorerie, l’entreprise Ecopla, seul fabricant français de barquettes en aluminium, a été liquidée fin mars après seulement trois semaines d’observation et ses 77 salariés licenciés dans la foulée.

Vingt-cinq d’entre eux ont monté un projet de société coopérative et participative (Scop) pour reprendre la PME basée à Saint-Vincent-de-Mercuze (Isère). Mais leur offre de reprise n’a pas été retenue par le tribunal de commerce de Grenoble, qui a préféré le 16 juin celle de l’Italien Cuki Cofresco, concurrent d’Ecopla.

Celui-ci proposait 1,5 million d’euros pour les machines et les moules, l’équivalent de la créance auprès du régime de garantie des salaires (AGS), quand les salariés ne proposaient que 100.000 euros.

Selon Mme Salaün, leur demande d’un gel ou effacement de la dette sociale de l’entreprise a été écartée par le gouvernement.

Mme Pinville « ne peut pas intervenir directement pour annuler des dettes » dans un contexte de procédure judiciaire, avait prévenu Bercy avant l’entrevue.

Depuis la décision du tribunal, dont ils ont fa