Les salariés d’EDF mobilisés contre la fermeture de Fessenheim

 PARIS, 14 septembre 2016 (AFP) – Les salariés d’EDF se mobilisent mercredi contre la fermeture programmée de la doyenne des centrales nucléaires françaises, celle de Fessenheim (Haut-Rhin), un « non-sens » économique et social aux yeux des syndicats, à l’occasion d’un comité central d’entreprise (CCE) consacré à ce dossier.

Fait significatif, les quatre syndicats représentatifs de l’électricien, CGT, CFE-CGC, CFDT et FO, ont tous déposé un préavis de grève pour protester contre cette décision de fermeture jugée « scandaleuse » par les élus du CCE qui y sont « unanimement opposés ».

Un rassemblement est prévu sur le parvis du siège du CCE, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), pendant la réunion de l’instance mercredi, avec la participation de salariés venus de plusieurs sites, dont une centaine ayant fait le déplacement depuis Fessenheim. La CGT et FO ont aussi appelé les agents à des baisses de la production électrique.

EDF a recensé 5,89% de grévistes dans la matinée. Mais, selon la CGT, les assemblées générales sur les sites étaient prévues à partir de 13h00.

L’État et EDF ont trouvé en août un accord sur les modalités d’indemnisation de l’électricien, portant au minimum sur 400 millions d’euros, qui ouvre la voie à la fermeture anticipée de la centrale alsacienne. L’arrêt définitif de Fessenheim, promesse de campagne de François Hollande en 2012, est fixé à l’horizon 2018, quand EDF prévoit de mettre en service l’EPR de Flamanville (Manche).

Le CCE est appelé à rendre son avis d’ici à fin octobre, tandis que le conseil d’administration d’EDF devra lui aussi se prononcer avant la fin de l’année sur le protocole d’indemnisation de l’électricien et la demande d’abrogation de l’autorisation d’exploiter.

L’accord conclu avec l’État prévoit une indemnisation par étapes, avec un premier versement « de 100 millions d’euros » au moment de l’arrêt de la centrale, en service depuis 1977, et « des étapes ultérieures en fonction de plusieurs paramètres, dont le prix de l’énergie » dans les années suivant la fermeture, selon le ministère de l’Énergie.

– ‘Choix électoralistes’ –

Parmi ces étapes, un second versement « fixe » de « 300 millions d’euros » a déjà été acté, avait précisé en août une source au fait des discussions.

Vent debout contre cette fermeture anticipée, les syndicats de l’électricien mettent en cause à la fois le montant de l’indemnisation proposée, les conséquences pour le réseau électrique et les répercussions en termes d’emploi, alors que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) « autorise Fessenheim à continuer de produire pour dix ans », rappelle la CGT, premier syndicat chez EDF.

C’est une décision qui « ne repose que sur des choix purement politiques et électoralistes », dénonce la fédération FNME-CGT, en mettant en garde contre les « choix actuels » du gouvernement qui auront des « impacts lourds de conséquences sur l’indépendance énergétique et la compétitivité de l’énergie en France ».

Il s’agit d’une « aberration industrielle, économique, sociale et climatique », juge pour sa part la CFE Energies. « Où est donc la cohérence d’un gouvernement qui se gargarise dans le même temps de refonder la filière nucléaire ? », se demande-t-elle.

Mobilisée également, la CFDT estime « infondée » la fermeture d’une « installation opérationnelle pouvant délivrer 2X900 MW (mégawatts) en émettant peu de CO2 ». Quant à FO, elle fustige une « indemnité ridicule » versée par l’État et qualifie la fermeture de « non-sens économique et social ».

La fermeture de la centrale de Fessenheim, où travaillent 850 agents EDF et environ 250 salariés d’entreprises prestataires selon l’électricien, est réclamée de longue date par les écologistes, ainsi que par l’Allemagne et la Suisse, pays frontaliers du site, inquiets pour la sécurité de cette installation située sur une faille sismique.

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