Les salariés du secteur hydroélectrique en grève

PARIS, 4 novembre 2015 (AFP) – Les salariés des barrages hydroélectriques ont manifesté mercredi pour protester contre l’impact social de la loi sur la transition énergétique et la politique européenne, et leur action a entraîné des baisses de charge électrique sur le réseau, a-t-on appris de sources concordantes.

Dans un communiqué, la CGT a annoncé que les salariés du secteur avaient manifesté « sur l’ensemble des sites de production », entraînant des baisses de charge cumulées de 7.000 MW dès mardi soir, qui aurait atteint 9.000 MW mercredi avec la participation de certains salariés du nucléaire ayant rejoint la mobilisation, qualifiée d' »historique » par le syndicat.

Interrogé par l’AFP, FO parle également d’une baisse de charge cumulée de 9.000 MW, avec une mobilisation allant « jusqu’à 60% de grévistes sur certains sites de production, rejoints par des salariés du nucléaire et du secteur thermique ».

Ces actions auraient provoqué une baisse de 15% de la production électrique française, selon la CGT, un chiffre qui n’a cependant été confirmé ni par le gestionnaire du réseau à haute tension RTE, ni par EDF, interrogés par l’AFP.

Selon une source du secteur énergétique sous couvert d’anonymat, la mobilisation s’est traduite par environ « 13% de grévistes dans les métiers de l’ingénierie et de la production », elle a été « forte » dans les Alpes, et a rassemblé également des salariés du nucléaire.

Selon un communiqué de la CGT UP Alpes, une trentaine d’installations hydrauliques dans la région étaient touchées par des « piquets de grève » dont la production serait « à zéro ».

L’usine de production du barrage de Cusset à Villeurbanne (Rhône), serait à l’arrêt depuis 17H00 mardi, « les agents ayant décidé collectivement de stopper la production ».

En Alsace, une centaine de salariés d’EDF se sont rassemblés dans la matinée devant la centrale hydroélectrique de Marckolsheim (Bas-Rhin), selon les gendarmes.

Dans un communiqué, FO a appelé le gouvernement à prendre « des mesures cohérentes envers EDF », entreprise nationale que « beaucoup rêvent de détruire ».

La Commission européenne a adressé une mise en demeure à la France pour ne pas avoir favorisé la concurrence dans l’attribution des concessions hydroélectriques, très majoritairement aux mains d’EDF.

Propriétés à 100% de l’Etat, les barrages sont actuellement concédés en France en très grande majorité à EDF et dans une moindre mesure, à Engie (ex-GDF Suez), via ses filiales Compagnie nationale du Rhône (CNR) et Société hydroélectrique du Midi (Shem).

La France compte au total quelque 400 concessions hydroélectriques. Celles gérées par EDF représentent une puissance installée de 20.400 mégawatts (MW) sur un total de 24.300 MW (environ 85%).

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