Les sous-traitants du nucléaire réclament un statut unique

SAVASSE, 3 septembre 2016 (AFP) – Des travailleurs du nucléaire, rassemblés samedi et dimanche dans la Drôme pour un meeting de l’association « Ma zone contrôlée », réclament la création d’un statut unique visant notamment à faire reconnaître leurs compétences et la pénibilité du travail.

« Nous avons des collègues qui font de l’assainissement, ils dépendent de la convention collective du nettoyage. Or, tout comme les agents statutaires (CEA, EDF et Areva), nous participons à la sûreté des installations. Nos compétences sont spécifiques, loin d’être une industrie low-cost. Par ailleurs, ce sont des métiers exposés aux rayons ionisants. Il ne faut pas oublier la problématique de la pénibilité », a souligné Gilles Reynaud, secrétaire de « Ma zone contrôlée ».

Depuis 2014, cette association basée à Donzère (Drôme), à proximité du site nucléaire du Tricastin, milite pour que tous les travailleurs du nucléaire aient un statut unique.

En France, les sous-traitants de la filière représentent environ 600 entreprises et près de 150.000 personnes. Celles-ci interviennent sur des aspects spécifiques de la production comme la gestion des déchets, la décontamination ou encore le nettoyage.

Si près de 90% des activités sont sous-traitées, toutes, selon l’association, participent à la sûreté des installations, même si celle-ci incombe à l’exploitant.

Jusqu’à dimanche, « Ma zone contrôlée » organise un meeting à Savasse, près de Montélimar, où les travailleurs du nucléaire sont invités à s’exprimer sur leurs conditions de travail et de vie. Une centaine de personnes était attendue.

« Cela permet de comparer les situations et d’avancer ensemble », juge M. Reynaud.

La question de la conversion énergétique s’est aussi invitée dans le débat. « Mais avant, le démantèlement des centrales doit se passer dans de bonnes conditions », a estimé Franck Demuynck, membre de l’association et sous-traitant pour une filiale d’Areva.

« La question de la sûreté passe aussi par l’élimination de la précarité », souligne quant à elle Sylviane Poulenard, vice-présidente de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité, basée à Valence).

Cyril Bouché, salarié d’une filiale d’Areva, soutient lui aussi la création d’un statut unique « ou d’une convention ». « Lorsque le salarié change de société, lors de la reprise d’un marché, il faut qu’il garde le même statut », estime-t-il, ajoutant qu’en l’état les salariés pouvaient perdre à cette occasion « entre 15 et 20% de pouvoir d’achat ».

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