Les syndicats d’ADP mobilisés contre une possible privatisation

PARIS, 23 mai 2018 (AFP) – Les syndicats d’Aéroports de Paris (ADP) se sont réunis mercredi non loin de l’Élysée pour remettre au président un courrier lui demandant de renoncer à une privatisation « néfaste » pour l’emploi et le développement de l’entreprise.

Une « petite centaine » de délégués issus de l’intersyndicale CGT, CFE-CGC, Unsa-SAPAP et FO se sont regroupés mercredi matin autour d’une banderole « Non à la privatisation d’ADP », avant de déposer un courrier commun au palais de l’Élysée, a dit à l’AFP Daniel Bertone de la CGT.

Les syndicats demandaient à être reçus par les services de Matignon ou de l’Élysée pour évoquer la possible privatisation de Groupe ADP, dont l’État français détient 50,6%.

Dans un courrier au Premier ministre Édouard Philippe, que l’AFP a pu consulter, l’intersyndicale s’inquiète d’une privatisation qui mettrait en péril le « caractère stratégique » d’ADP, simplement pour remplir les caisses de l’État à court terme.

Ces dernières années, l’État « s’est contenté de vendre des actions et de toucher des dividendes », profitant de la « création de richesse » produite par des personnels qui « se sentent dénigrés par les orientations » actuelles de la majorité présidentielle, est-il écrit.

« Les incertitudes pesant sur l’avenir d’Aéroports de Paris sont inacceptables et insupportables pour les milliers de salariés qui continuent chaque jour d’assurer leurs métiers et missions dédiées, dont celles de service public, de sûreté et de sécurité », appuient les quatre syndicats représentatifs.

Tout projet faisant de l’État un actionnaire minoritaire d’ADP « serait néfaste à son développement, à celui de l’emploi et remettrait en cause l’unicité de l’entreprise et le statut du personnel », opposé à « 98% » à tout projet de privatisation, écrivent-ils.

Interrogé en avril, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire était resté évasif sur les intentions exactes du gouvernement vis-a-vis du gestionnaire des aéroports parisiens. Il avait simplement promis de trouver une solution qui préserve les intérêts publics, notamment sur les questions de « sécurité », sur les « frontières » et sur les « tarifs » aéroportuaires.

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