Les syndicats de l’Afpa craignent des baisses d’effectifs et une régionalisation

PARIS, 12 octobre 2016 (AFP) – Les six syndicats de l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) expriment leurs craintes de nouvelles baisses d’effectifs et d’une éventuelle régionalisation de l’organisme, dans un courrier à Manuel Valls consulté mercredi par l’AFP.

Alors que l’Afpa va devenir un établissement public industriel et commercial (Epic) au 1er janvier 2017, « les salariés de l’Afpa restent extrêmement préoccupés quant au devenir de la formation professionnelle et à la pérennité de leurs emplois », écrivent les syndicats CGT, CFDT, FO, SUD, CFE-CGC et CFTC, dans une lettre envoyée lundi.

Le projet de budget 2017 « vient renforcer la crainte que l’Etat se désengage bientôt totalement de la formation professionnelle », poursuivent-ils.

Le texte prévoit une subvention de 110 millions d’euros, mais prescrit la mise en oeuvre d’une « stratégie pluriannuelle de baisse des charges » pour permettre « un redressement financier durable ».

Selon les syndicats, « la seule stratégie » de l’Afpa est « la poursuite de la suppression des emplois CDI », laissant présager que « l’activité de l’Afpa est appelée à régresser à nouveau après l’effet conjoncturel du plan 500.000 ».

Les syndicats réclament « des engagements » du gouvernement « sur les perspectives d’un développement de l’activité de l’Afpa », alors que l’organisme, qui compte près de 8.000 salariés, n’a formé selon eux que 70.000 demandeurs d’emploi en 2015, contre 120.000 en 2008.

Les six syndicats, qui demandent audience au Premier ministre, s’inquiètent aussi du contenu de la future ordonnance précisant les contours de l’Epic, qui « relègue la formation des demandeurs d’emploi (…) dans une catégorie d’activité annexe à sa mission de service public ». Ils réclament, au contraire, qu’elle « soit expressément désignée comme la mission principale de l’Afpa ».

Par ailleurs, le projet d’ordonnance « nous semble préparer un potentiel éclatement de l’Afpa en 13 établissements publics régionaux », ajoutent-ils. « Jamais 13 politiques de formation +régionalistes+ ne feront une politique nationale. »

Le futur Epic sera financé par l’Etat pour ses missions de service public non concurrentiel et par les services publics régionaux de formation, dans le cadre de marchés concurrentiels, pour la formation des demandeurs d’emploi.

Le changement de statut de l’Afpa, décidé en 2015, vise à assurer la pérennité du leader de la formation professionnelle, créé en 1949 et qui avait frôlé la cessation de paiement en 2012.

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