Les syndicats réservés sur la proposition CPME d’un label RSE

PARIS, 1 février 2017 (AFP) – Les syndicats ont émis mercredi des réserves sur la proposition de la CPME d’encourager, via un label, les petites entreprises à développer en leur sein la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) en échange de simplifications administratives.

Lors d’une première réunion de concertation, en l’absence du Medef et de l’U2P, la CPME a défendu l’idée d’un « label » RSE, a indiqué à l’AFP son président François Asselin. Il permettrait aux petites et moyennes entreprises de bénéficier d’avantages « qui restent à définir », « peut-être des allègements en termes de contrôles réglementaires et administratifs ».

Le label serait délivré par un « organisme reconnu par l’Etat », qui viendrait contrôler l’entreprise « tous les ans ou tous les deux ans suivant le type d’entreprise ».

« On n’est pas contre des dispositifs de type label à certaines conditions, mais pour nous, la discussion ne porte pas seulement sur ce sujet », a prévenu Pierre-Yves Chanu (CGT), qui s’est réjoui d’échanges « extrêmement constructifs ». Pour son syndicat, la « préoccupation première » est que les démarches de RSE « associent les représentants des salariés dans les entreprises ».

De son côté, Marylise Léon (CFDT) n’est « ni fermée ni complètement ouverte » à un label. « Tout dépend de ce qu’on y met, comment on le construit, qui le délivre… »

« L’enjeu de la concertation est de développer les démarches de RSE, qu’elles soient récompensées ou pas par un label. La priorité, c’est de mobiliser les branches et les filières, pourquoi pas d’essayer de lancer des expérimentations locales », a-t-elle ajouté.

Quant à FO, si elle « n’est pas fermée au débat », elle aura des « points de vigilance », a prévenu représentant, Michel Beaugas: « par exemple, les labels RSE ne peuvent pas remplacer des obligations légales du code du travail, et simplification des démarches administratives ne veut pas dire suppression des visites de l’inspecteur du travail ».

Concernant l’absence du Medef, la CFDT l’a jugée « regrettable ». « On n’attendra pas qu’elle soit là pour travailler », a indiqué la CGT.

L’objectif de la CPME est de « déboucher avant l’été sur une délibération interprofessionnelle », selon François Asselin. L’organisation patronale a prévu de transmettre aux syndicats une première proposition écrite avant la deuxième réunion, prévue le 29 mars.

Les syndicats ont, quant à eux, demandé un état des lieux de ce qui existe déjà dans les branches professionnelles en termes de RSE.

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