Les syndicats s’alarment de la situation des hôpitaux de Marseille

MARSEILLE, 3 novembre 2016 (AFP) – Plusieurs syndicats de l’Assistance publique – Hôpitaux de Marseille (AP-HM) se sont alarmés jeudi de la situation des hôpitaux de la cité phocéenne, et dénoncé un traitement du personnel « complètement opposé à la qualité des soins ».

Les représentants de FO, de la CGT et de la coordination nationale infirmière (CNI) ont annoncé, en protestation, qu’elles se retiraient des instances officielles « sauf celles qui concernent directement le personnel », lors d’une conférence de presse.

Sollicitée par l’AFP, la direction du groupement d’hôpitaux publics, l’un des plus gros de France avec 4 établissements et 13.000 agents, n’a pas souhaité faire de commentaire.

L’institution connaît des crises récurrentes ces dernières années, et sa gestion a été épinglée à deux reprises, en 2014 et 2015, par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

Jeudi, les syndicats ont déploré la dégradation des conditions de travail, liées notamment aux suppressions de postes, qui se répercutent sur la qualité des soins.

« On assiste en masse à des postes supprimés, à des primes supprimées aux agents, à des mutualisations de plannings sur plusieurs services », s’est indignée Danièle Ceccaldi de la CGT. « Quasiment tous les services sont en sous-effectif », assure-t-elle.

Les syndicats craignent de nouvelles coupes dans le personnel, a-t-elle poursuivi: « On va supprimer 200 lits, ça veut dire 400 postes supprimés », chiffres que la direction n’a pas souhaité commenter.

« On demande à ces agents de continuer (leur travail) de la même façon » alors qu’ils n’ont plus les moyens humains », a déploré Audrey Jolibois de FO. « On a demandé à une infirmière de prendre en charge un patient alors qu’elle avait déjà deux urgences vitales », raconte-t-elle.

« On voit des personnels complètement démotivés qui ont l’impression qu’on ne s’intéresse pas à eux, et ils ont raison », a ajouté Mme Ceccaldi.

« Le contrat de retour à l’équilibre financier est complètement opposé à la qualité des soins », a estimé de son côté Eric Audouy de la CNI.

En mars 2014, le directeur de l’AP-HM avait démissionné, remplacé par Catherine Geindre puis un « contrat de retour l’équilibre financier a été signé avec l’Agence régionale de santé (ARS), fin 2014.

« On a essayé de voir comment tout allait se mettre en place » à l’arrivée d’une nouvelle direction, « mais ça ne va pas mieux », a déploré Mme Jolibois, qui se plaint, comme les autres syndicats, d’une absence totale de dialogue avec la direction.

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