Les tournages devraient continuer à soutenir l’emploi dans le cinéma en Ile-de-France

PARIS, 2 mai 2018 (AFP) – Les tournages de films étrangers et les relocalisations de films français devraient continuer à soutenir l’emploi dans ce secteur en Ile-de-France en 2018, malgré les difficultés de certaines sociétés de production, selon une étude annuelle publiée mercredi.

En 2016, en Ile-de-France, région qui concentre l’essentiel de l’activité de la production, les emplois ont connu « une année exceptionnelle » avec « une augmentation significative des emplois en CDI et CDD », soit la croissance « plus forte depuis dix ans », selon cette étude menée par la Commission du film d’Ile-de-France avec le groupe Audiens. Les emplois permanents (équivalent temps plein) ont augmenté de 6% à 31.119.

Cette croissance est due notamment à la relocalisation de tournages de films français (« Au Revoir là-haut » d’Albert Dupontel…) et à la production « hors norme » de « Valérian et la cité des mille planètes » de Luc Besson, tandis que « de plus en plus » de films étrangers choisissent la région, souligne la Commission du film d’Ile-de-France dans un communiqué.

Le crédit d’impôt international, abattement fiscal qui incite les productions étrangères à se tourner vers la France, a été relevé au 1er janvier 2016 de 20 à 30% des dépenses du film dans l’Hexagone, entraînant un retour des tournages étrangers (film indien « Befikre »…).

Dans le même temps, une réforme du crédit d’impôt national, dont le taux a été généralisé à 30% à partir de 2016, a permis que les tournages de films français soient de moins en moins délocalisés.

L’année 2017, dont le bilan n’a pas encore été finalisé, « confirme la tendance », avec une relocalisation des films français qui se poursuit (« Dans la brume »…), tandis que la France est « de plus en plus attractive pour la production internationale », (Mission impossible 6″…), indique le communiqué.

Pour 2018, l’emploi dans le secteur devrait connaître une « consolidation, notamment grâce à l’activité internationale », ajoute-t-il.

« J’ai tendance à croire que la perspective va se confirmer, parce qu’on a une vraie relocalisation importante des tournages des films français et nombre de tournages étrangers qui viennent vers nous », a indiqué à l’AFP Jérémy Redler, président de la Commission du film d’Ile-de-France, avec notamment les tournages maintenus en France des prochains films de Michel Hazanavicius et Rémi Bezançon.

Cette « euphorie » doit cependant être tempérée par « les difficultés financières rencontrées par certaines grosses sociétés de production », comme Europacorp (Luc Besson), et « la faible structuration du secteur de la production » française, qui peuvent « freiner la croissance des investissements et le développement de films à gros budgets », tempère l’étude.

Pour Jérémy Redler, « c’est un petit bémol, mais ce n’est pas l’essentiel ». « Globalement, l’industrie est en forte croissance ».

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