Les urgentistes réclament l’application de la réforme de leur temps de travail

PARIS, 8 décembre 2016 (AFP) – Trois syndicats d’urgentistes ont interpellé jeudi la ministre de la Santé, Marisol Touraine, pour réclamer l’application « sans délai » de la réforme de leur temps de travail, décidée il y a deux ans mais inégalement déployée sur le territoire

L’association des médecins urgentistes de France (Amuf), la CGT et le Samu-Urgences de France (SUDF) « interpellent solennellement la ministre de la Santé afin que le protocole d’accord sur le temps de travail (…) soit mis en application sans délai dans tous les services d’urgences », écrivent-ils dans un communiqué.

En décembre 2014, les urgentistes avaient obtenu, à l’issue d’une grève, la limitation de leur temps de travail à 48 heures hebdomadaires et un nouveau découpage de leurs obligations.

Sur ce total, 39 heures doivent ainsi être dédiées au travail posté (de prise en charge aux urgences) et le reste à du travail non clinique (pour de la recherche par exemple), les heures supplémentaires devant être rémunérées comme telles.

Mais ces nouvelles modalités, entrées en vigueur avec la publication d’une circulaire en juillet 2015, ne sont toujours pas « d’actualité pour de nombreux collègues », s’indignent les syndicats.

Malgré « des avancées significatives dans certaines régions, notamment en Ile-de-France », ils constatent « une grande hétérogénéité » selon les régions, liée selon eux à des « blocages internes au sein des établissements » ou dans le cadre des groupements hospitaliers de territoire.

« Il y une inégalité de traitement majeure au niveau national », ce qui « déstabilise l’offre de soins », déplore François Braun, le président de SUDF. Certains hôpitaux qui appliquent déjà la réforme attirent davantage les urgentistes et ceux-ci désertent de plus gros établissements qui se retrouvent en difficulté, explique-t-il à l’AFP.

En « pleine épidémie de bronchiolite » et à l’approche de « la période des fêtes, traditionnellement très tendue », les syndicats « exig(ent) que l’ensemble des directions hospitalières mettent en application les nouvelles modalités de décompte du temps de travail au 1er janvier 2017 ».

« Par conséquent », ils réclament « le déploiement national de l’instruction du temps de travail des urgentistes sans délai (…) ainsi que la mise en place effective des comités techniques régionaux dans l’ensemble des régions comme instance de concertation indispensable » au sein des agences régionales de santé.

« Nous nous réservons d’envisager toutes les modalités d’action possible pour obtenir satisfaction », préviennent-ils.

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