L’État a de nouveau renfloué l’Afpa fin 2017

PARIS, 8 juin 2018 (AFP) – L’État a versé 33 millions d’euros à l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) fin 2017, pour lui « éviter une rupture de trésorerie », selon un document budgétaire consulté vendredi par l’AFP.

En plus de la subvention de 110 millions d’euros inscrite au budget pour 2017, « un versement complémentaire de 33 millions d’euros (…) est intervenu fin 2017 de façon à éviter une rupture de trésorerie de l’Epic (établissement public industriel et commercial, NDLR) et ainsi garantir la continuité des activités de service public », peut-on lire dans le rapport annuel de performance (RAP) de la mission Travail et Emploi du budget 2017.

L’Afpa est en difficultés financières depuis des années.

Créée en 1949, elle avait frôlé la cessation de paiement en 2012, ébranlée par le transfert de la commande publique aux régions en 2004 et l’ouverture du marché à la concurrence en 2009. Sous le quinquennat Hollande, l’Afpa avait déjà bénéficié d’une recapitalisation de 220 millions d’euros sur cinq ans.

L’Afpa a cumulé 725 millions d’euros de pertes depuis 2012, selon la synthèse d’un rapport confidentiel des inspections générales des affaires sociales (Igas) et des finances (IGF) présenté en janvier en conseil d’administration.

Auditionnée jeudi à l’Assemblée nationale par la commission d’évaluation des politiques publiques, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a déclaré avoir « entamé une réflexion stratégique sur l’avenir » de l’Afpa, qui doit déboucher « d’ici la fin de l’année » sur une « feuille de route pluriannuelle » avec « des engagements et des missions claires ».

« On a besoin de l’Afpa », a-t-elle ajouté, mais « ça ne veut pas dire que l’Afpa peut et doit faire tout ».

Selon Thierry Cheype, élu CFDT à l’Afpa, la direction doit présenter un « plan » à « l’automne », qui devrait inclure des « fermetures de centres ». Il s’attend également à des « non-remplacements de départs » à la retraite, sachant qu' »à peu près 900 personnes vont partir » au cours des trois prochaines années. M. Cheype estime que ces éventuelles fermetures et suppressions de postes risquent de « coûter à l’Afpa », parce que cela réduit la « capacité de production », « donc on ne fait que s’enterrer un petit peu plus ».

Les effectifs de l’Afpa ont déjà fondu à moins de 8.000 salariés, contre plus de 10.000 avant 2010.

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