Licenciés en France, les salariés d’un laboratoire japonais crient à la « trahison »

PARIS, 24 novembre 2016 (AFP) – Criant à la « trahison » de leur employeur, près de 200 salariés du groupe pharmaceutique japonais Daiichi Sankyo ont manifesté jeudi à Paris pour réclamer un meilleur accompagnement aux 284 licenciements prévus dans la filiale française.

Ils ont défilé aux cris de « Daiichi Sankyo trahison » ou « Demain, plus d’emploi pour nous », derrière des pancartes aux slogans multiples (« Daiichi lâche la France », « Seniors licenciés, chômage assuré », « 0% intérêt pour l’humain »…), a constaté un journaliste de l’AFP.

Le plan social prévoit le départ de l’ensemble des visiteurs médicaux et des 67 salariés du siège. L’entreprise le justifie par une forte réduction d’activité liée au déremboursement au 1er janvier 2017 de son médicament phare et au lancement reporté d’un autre.

« Cela ne dédouane en aucune manière le laboratoire de ses responsabilités », d’autant « qu’ils reviendront bientôt en France » après s’être « débarrassé de nous à moindre frais », accuse Xavier Ripoll du syndicat indépendant Usapie.

Pourquoi parler de trahison? Après un précédent plan social en 2013, explique-t-il, « tout le monde s’est investi jour et nuit sans compter ses heures » car la direction promettait le développement des activités en France.

Derrière lui, une banderole proclame « plan social indécent, indignation!!! -95% d’emplois ». L’entreprise s’en défend, estimant au contraire avoir mis les moyens nécessaires, alors qu’elle anticipe une perte de 15 millions d’euros en France en 2016.

« Contrainte » de licencier, la direction « propose des mesures d’accompagnement qui représente un montant moyen de 175.000 euros par salarié, selon l’âge et l’ancienneté », frais de formation inclus, a indiqué à l’AFP un porte-parole.

Ce chiffre « ne veut rien dire, je ne sais pas d’où ils le sortent », la direction ne prévoit de verser « aucune indemnité supra-légale », contrairement à ce qu’elle affirme, a répliqué Thomas Hollande, avocat des représentants du personnel et fils du président de la République.

Selon lui, elle n’envisage que « des mesures supplémentaires pour les salariés de plus de 50 ans ou qui suivent une formation ».

Dans les négociations, « les avancées sont minimes », abonde Pierre-Etienne Walbecq (CFE-CGC). Daiichi Sankyo « veut liquider ses salariés au rabais », poursuit-il. Les représentants du personnel réclament notamment un congé de reclassement d’au moins 20 mois et une « forme de pré-retraite » pour les visiteurs médicaux, précise M. Hollande.

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