Lille: des syndicats dénoncent une « politique préfectorale d’intimidation »

LILLE, 29 janvier 2020 (AFP) – La FSU, Force Ouvrière (FO), la CGT et l’UNEF ont dénoncé mercredi dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner une « politique préfectorale d’intimidation » après les interdictions, changements de parcours et « interventions violentes » visant les manifestations lilloises.

Affirmant que les dégradations constatées lors des manifestations lilloises contre la réforme des retraites (bris de vitrines, de panneaux publicitaires ou d’abribus) émanent d’un « groupe de personnes non identifiées », ces quatre syndicats s’interrogent sur l’action des forces de l’ordre.

« Notre service d’ordre de la manifestation isole le cortège syndical de ce groupe d’individus », écrit l’intersyndicale. « Facilement repérables, ces individus ne font l’objet d’aucune intervention de la police pourtant massivement présente », déplore-t-elle. « Les casseurs continuent à casser sans être inquiétés ».

Les syndicats estiment ensuite que la Préfecture a pris prétexte de ces incidents pour imposer « des changements de parcours » et reléguer les manifestants « dans des artères où nous sommes peu visibles ». Ils soulignent en outre que, le 23 janvier, Lille était « la seule ville de France » à se voir interdire les flambeaux par arrêté préfectoral.

Les quatre organisations regrettent également que les forces de l’ordre soient, « à plusieurs reprises, intervenues violemment, y compris contre les têtes syndicales, dans des rues et à des moments où aucune violence ne se produisait ».

« Il nous devient difficile, au vu de tout cela, de ne pas croire à une politique préfectorale d’intimidation dans le but de vider les cortèges de manifestants, voire de restreindre abusivement l’exercice du droit de manifester », concluent-elles.

Les trois organisations demandent au ministre de l’Intérieur de « veiller à ce que le droit de manifester soit pleinement respecté à Lille comme il devrait l’être ».

Mercredi, plusieurs milliers de manifestants se sont encore réunis à Lille. Le parcours habituel ayant une nouvelle fois été interdit par la préfecture, le cortège a emprunté un itinéraire alternatif, loin du centre-ville.

« La gestion des manifestations est plus que problématique », a estimé Catherine Piecuch, secrétaire de la FSU pour le Nord et le Pas-de-Calais, présente dans le cortège. « Le préfet met dans le même sac casseurs et manifestants ».

« Tout n’est peut-être pas fait pour sécuriser le parcours », a-t-elle souligné, expliquant que les représentants des syndicats étaient eux-même « allés voir un chantier pour leur dire de fermer », et éviter que des casseurs ne prennent du matériel.

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