L’impact du numérique sur l’emploi difficile à mesurer (étude)

PARIS, 23 mars 2017 (AFP) – L’impact du numérique sur l’emploi est difficile à mesurer, en particulier le bilan net entre créations et destructions qui dépendra de la capacité de l’économie française à « susciter une offre compétitive », selon une étude de la Fabrique de l’Industrie.

« Des chiffres plus ou moins alarmistes circulent sur les effets du numérique sur l’emploi », mais « l’incertitude des projections chiffrées est grande », relève le think tank jeudi dans un communiqué.

« Près d’un emploi sur deux est susceptible de voir son contenu fortement évoluer dans un futur proche, ce qui ne signifie pas qu’il sera détruit », souligne le cercle de réflexion crée par des organisations professionnelles telles que l’UIMM (métallurgie) et le GFI.

Le bilan net entre créations et destructions d’emplois est « très incertain » et « dépend crucialement de la capacité de notre économie à susciter une offre compétitive », poursuit-il.

L’étude observe d’une part que le chiffrage des emplois concernés par la « transformation numérique » aboutit à des résultats très variables selon les méthodes utilisées. Les estimations vont de 10% à 42% d’emplois qui seraient concernés par une probabilité d’automatisation élevée et donc potentiellement menacés.

D’autre part, « la création d’emplois est la grande inconnue », souligne la Fabrique de l’Industrie. Les technologies numériques produisent des emplois directs dans la filière numérique ou dans de nouvelles activités, mais créent aussi des emplois induits résultant des gains de productivité, explique l’étude.

Les projections chiffrées de créations d’emplois « deviennent vite obsolètes et leurs résultats s’avèrent souvent sous-estimés », ajoute-t-elle.

Les nouveaux emplois ne sont « pas forcément dans la même entreprise, le même secteur d’activité ou encore sur le même territoire que ceux qui sont transformés ou détruits », résume le communiqué.

Mais « a contrario, une entreprise qui ne prend pas le virage du numérique risque de ne pas résister à la concurrence; ses usines ferment et des emplois disparaissent », affirme l’étude.

Ses auteurs insistent sur le « défi majeur » de l’adaptation aux transformations liées au numérique par la formation initiale et continue.

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