L’industrie manufacturière en fort repli entre 2006 et 2015 (Insee)

 PARIS, 15 février 2018 – L’industrie manufacturière est le secteur de l’économie française qui a connu le repli le plus fort entre 2006 et 2015, ayant perdu plus de 15% de ses établissements et de ses salariés, selon une étude de l’Insee publiée mercredi.

Sur cette période, le nombre d’établissements employeurs dans l’industrie manufacturière a diminué de 27 300, soit de 18 %, et le nombre de salariés de ces établissements de 530 000 (-16 %). « C’est le secteur dont le repli a été le plus fort sur cette période, loin devant le secteur de la construction, dans lequel le nombre d’établissements a diminué de 19 200 (-9 %) et le nombre de salariés de presque 100 000 (-7 %) », indique l’institut statistique.

Dans les activités spécialisées scientifiques et techniques, celles de services administratifs et de soutien, et dans l’hébergement et la restauration en revanche, le nombre d’établissements et de salariés ont augmenté. Si le repli dans l’industrie manufacturière a débuté il y a près d’une quarantaine d’années – sa part dans la valeur ajoutée de l’ensemble de l’économie a été divisée par deux entre 1970 et 2014 – la crise de 2009 a été particulièrement éprouvante pour ce secteur. Cette année-là, elle a enregistré une baisse de 4 100 établissements (-3 %) et de 184 000 salariés (-6 %).

Dans le détail, « la baisse du nombre de salariés résulte quasi exclusivement de celle du nombre d’établissements employeurs, alors que la taille moyenne des établissements est stable ». Le secteur du textile-habillement est le plus durement touché, ayant perdu plus d’un tiers de ses établissements et de ses salariés. Il est suivi du secteur de la cokéfaction et du raffinage, ainsi que de celui du travail du bois et des industries du papier et de l’imprimerie.

Dans la métallurgie, la baisse est marquée pour les effectifs salariés (surtout dans la sidérurgie), plus que pour le nombre d’établissements. Dans l’industrie automobile, le nombre d’établissements a baissé de 16 % entre 2006 et 2015 et celui des salariés de 28 %, un recul « très concentré sur les établissements de 250 salariés ou plus ». En revanche, les industries alimentaires résistent mieux, ce secteur confirmant en 2015 sa position prédominante dans l’industrie manufacturière. La construction aéronautique et spatiale est pour sa part en essor, avec 24 % d’effectifs salariés de plus entre 2006 et 2015. De fait, Toulouse, qui accueille notamment le siège mondial d’Airbus, est la plus grande zone où l’industrie manufacturière se développe, avec une hausse de 5 % du nombre de salariés, malgré une diminution de 14% du nombre d’établissements employeurs. Le bassin parisien, le nord, l’est et le centre de la France ont en revanche subi un repli, aussi bien en effectifs qu’en nombre d’établissements.

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