L’inspection du travail visée par une plainte pour discrimination raciale

PARIS, 4 avril 2016 (AFP) – Une contrôleuse du travail a porté plainte à Nanterre contre la direction de l’inspection du travail des Hauts-de-Seine, s’estimant victime d’une discrimination en raison de son origine et de son activité syndicale, a-t-on appris lundi de sources concordantes, confirmant une information France Inter.

Mornia Labssi, 41 ans, d’origine marocaine et syndicaliste à la CGT, a dénoncé auprès de l’AFP, « un cumul de situations intolérables et de traitements différenciés injustifiés » avec « une absence de reconnaissance du travail, des brimades, des humiliations, des rumeurs fondées souvent sur des préjugés racistes ».

Ils « ont coïncidé, dit-elle, avec l’arrivée d’une nouvelle direction en 2012 », à un moment où elle a défendu, en tant que syndicaliste, « des femmes maghrébines qui ont fait l’objet de discriminations très dures, démontrant clairement des traitements différenciés ».

Mme Labssi a notamment été lésée par la non attribution de primes d’avancement à compétence égale par rapport à d’autres collègues, et « victime d’une situation très préjudiciable à tout point de vue, tout comme les personnes qui ont témoigné en sa faveur », selon son avocat, Me David Marais.

Au-delà de son propre cas, elle souhaite « briser l’omerta » et « lancer le débat sur les nombreux cas de discrimination au sein de la fonction publique », a-t-il ajouté.

Me Marais indique disposer « de nombreux témoignages de contrôleurs et d’inspecteurs du travail de toute la France, témoins ou victimes de discriminations raciales entre collègues au sein du ministère du travail, ou à l’égard d’usagers et notamment de femmes maghrébines et des Dom-Tom ».

Selon Anthony Smith de la CGT au ministère du travail, interrogé par l’AFP, le cas de Mme Labssi est « loin d’être unique ». Il dit suivre « plusieurs dossiers portant sur des cas de discrimination raciale mais également liés au handicap, à l’égalité homme/femme, ou de répression syndicale au sein du ministère du travail ».

Interrogée par l’AFP, la direction générale du travail a confirmé avoir connaissance du dossier de Mme Labssi sans autre précision.

Me Marais a également saisi le Défenseur des droits, habilité à lancer une investigation au sein du ministère.

Le pôle fonction publique du Défenseur des droits a ouvert un dossier pour « discrimination » et « dysfonctionnement au sein du service public », concernant Mme Labssi, a confirmé à l’AFP une de ses porte-parole.

Une centaine de dossiers pour discrimination raciale sont actuellement examinés par son pôle fonction publique, selon la même source.

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